Sans sucre ajouter

C'est peut-être ça ... depuis des semaines, j'attends un déclic tout en essayant de juguler, me réfugiant dans l'hyper-calorie pour compenser un peu la difficulté de ce que j'ai à affronter.

Et puis, vendredi midi, je suis allé m'achter une barre de Ferrero rochers en me promettant de ne pas les engloutir. Sauf que voilà, à l'instar d'une tablette de chocolat que j'ouvrirai avec la ferme intention de résister, tout y passe. Les rochers sont passés et j'en ai eu mal au coeur mais qu'importe : ça allait en apparence un peu mieux une fois avalés. Oui, j'avale ... on ne peut même pas dire que j'ai essayé de satisfaire un instinct gustatif, là non, j'avais besoin de sucre à la soixantième heure de boulot hebdomadaire, avec une pression intense pour qu'aboutisse ce fameux dossier à plusieurs milliards d'euros que tout le monde regarde tant. Du coup, quasi instantanément, je m'en suis voulu, je m'en suis foutu plein la gueule en me sermonnant, me rappelant que si je suis une grosse vache, faut pas s'étonner, j'en passe et des meilleures [oui, je vis une histoire fantastiquement bienveillante entre moi et moi-même].

Du coup, je me suis à nouveau fixé un objectif : finies les conneries et on va profiter du début du mois de mai pour bien faire. J'ai donc repris ma motivation là où elle traînait [c'est à dire par terre], je me suis mis en chasse d'une application ludique me faisant succomber à nouveau à mes penchants intimes et j'ai décidé d'appuyer sur la pédale. Depuis quelques jours déjà, je zappais tous les trucs vaguement sucrés et je m'abstenais de faire des desserts dont j'ai le secret. La discipline devait donc reprendre le dessus.

Depuis le 1er mai, me voilà donc reparti à m'auto-coacher. J'engloutis des litres de thé [Dieu sait que je déteste ça l'eau chaude avec des plantes mortes], j'équilibre à fond, je réduis les quantités de façon drastique et je maintiens l'absence de sucres transformés au mieux non sans m'autoriser des petits écarts pour ne pas faire souffrir mon corps qui voit bien ce à quoi je le prépare. Du coup, il réagit le bougre et moi aussi. 

Hier, pour choisir mon dessert, j'ai pris une coupe de fruits [fraises et ananas] au lieu du merveilleux cheesecake ou du brownie à la crème anglaise qui me tendait la langue devant Romain [dont j'arpente régulièrement la cantine] un peu surpris de mon choix. Il faut dire que cela doit être la première fois que je lui fais le coup.
L'idée n'est pas d'avoir le ventre plat, je ne l'aurai jamais compte tenu de ma morphologie et de la façon dont je suis bâti. Le but est de dégager plusieurs kilos à brève échéance histoire de retrouver un peu d'indulgence dans mon propre regard. Je me fous d'être comme machin ou geindre comme les débiles qui hurlent à l'obésité alors qu'ils ont juste mangé une assiette de pâtes et un gâteau au chocolat [continuez les gars, vous finirez bien par vieillir comme tout le monde]. Je me moque de l'apparence mais je veux simplement me plaire un peu plus puisque je n'ai pas nécessairement le sentiment de susciter un tel élan.

Donc pour me sentir mieux avec moi-même, pour récupérer un peu de vivacité, pour atténuer un peu le mal de dos qui me ronge, pour parvenir à courir un peu plus de 30 minutes sans risquer la greffe de nouvelle cheville et pour cesser de déformer mes vêtements et remettre des costumes que j'adore mais qu'il m'est impossible de fermer depuis près d'un an, oui je pense être parvenu à avoir le déclic.

La nouvelle application que j'utilise est ludique puisqu'elle donne une estimation de la charge calorique rien qu'en photographiant ce que je mange. Elle calcule ma consommation journalière sur des bases nutritives qui m'échappent un peu mais surtout, elle se synchronise avec tout ce dont mon téléphone regorge de mesures sur mon comportement. En plus d'un objectif calorique pas dément, je me suis repris au jeu.

Symboliquement, j'ai jeté des boites de chocolats, j'anticipe certains repas, je bois beaucoup [mon bonus de 200 KCal est à ce prix] et les cheminots m'aident bien à beaucoup marcher avec leur grève. Surtout, j'entame cette nouvelle discipline alors que je suis au fond du trou : alertes nucléaires permanentes au boulot, Zolimari en vrille et grosse fatigue. C'est ce que j'appelle l'alignement des planètes pour espérer dans deux mois être redescendu en deçà de la ligne des 90, ce qui sera déjà la première victoire. C'est un marathon, c'est une endurance que je connais mais dont je me suis découragé plusieurs fois. Là non ... le sucre transformé est une drogue dont j'ai entamé la désaccoutumance. Rien ne dit que je vais y parvenir, rien ne permet de gager que les pertes seront aussi rapides que les précédentes [environ 5 kg par mois], c'est juste que là, je n'en peux plus de me voir comme ça. Donc, j'avance puisque, comme je me le disais hier soir un peu furieux de me taper à nouveau toutes les corvées après avoir une nouvelle fois rabâché ce que je pense, ce que je ne fais pas moi-même, personne ne le fait à ma place pour m'en soulager. Donc voilà ...

Pour difficiles que soient les circonstances actuelles et les frustrations nombreuses auxquelles on m'impose de faire face, autant en ajouter une autre dans la perspective d'un joli bras de fer avec moi-même : j'ai toujours adoré m'en mettre plein la tête. Donc oui, autant me défoncer comme ça puisqu'il n'est pas possible de procéder autrement. La tension que je ressens à l'intérieur de mon bide est une motivation supplémentaire : la guerre est entamée.

Tto, qui a besoin de s'alléger