déboutonne toi

Il y a beaucoup de choses dont je ne me cache pas trop, et j'en fais tellement cas ici à longueur de lignes que je te fais la grâce d'avoir à en dresser la liste assommante. Puisque j'écris depuis douze ans tous les jours, il n'est pas rare que certaines obsessions reviennent régulièrement et cela provoque parfois l'exaspération, parfois rameute de nouveaux lecteurs ... y en a même qui disent que je manquerais d'inspiration.

Mais dans ce que j'aime particulièrement faire [et qui devrait m'interroger au sujet d'une éventuelle reconversion professionnelle] régulièrement, c'est poser des questions. J'ai déjà expliqué que je dois avoir une prédisposition à écouter les uns et les autres tant tout le monde s'épanche sur mon épaule quand ça va moyen, quand ça ne va pas, quand ça va aussi. Je ne dis pas en être victime, je constate simplement qu'on aime que j'écoute.

Naturellement, cette écoute va de pair avec la curiosité malicieuse qui est la mienne. Parce qu'écouter passivement c'est possible mais je n'en retire pas spécialement beaucoup d'intérêt [et quand on me connaît, il est facile de noter quand je suis ultra passif dans l'écoute ... non non, ce n'est pas une contre-pêterie]. Aussi, en écoutant, je me mets tellement à disposition que j'en viens à poser des questions.

Là aussi, s'il fallait s'étonner de quelque chose, c'est bien de ce que nombreuses sont les confessions aux termes desquelles on m'explique que c'est spécial parce que je pose des questions très précises qui ont pour effet de remuer pas mal. Loin d'être une offense [parce que je pourrais considérer que je suis trop curieux, trop insisif ou que sais-je encore], je prends cela pour un compliment et c'est vrai que j'aime retourner celles et ceux qui viennent me parler de leur vie et chercher quelques conseils ou appréciations. C'est en quelque sorte la monnaie de la pièce, mais pas le sens de la contre-partie : c'est dans le sens d'un partage qui serve à quelque chose qu'il faut l'entendre.

C'est la raison pour laquelle, avec le temps et quelques échanges, j'ai développé le goût de l'interview. Celle-ci a pu être très personnelle, très intime parfois, totalement privée ou à vocation publique ... le fait est que plusieurs se sont risqués à l'exercice. Ainsi as-tu pu lire des interviews d'un Têtu-boy qui s'est ravisé, un élu municipal dont je trouvais particulièrement intéressant d'avoir la vision, un community-manager d'un sex-shop gay, etc. Oui oui, j'aime poser des questions, apprendre des choses des uns et des autres en décortiquant ce qui m'intéresse dans ce que je crois percevoir de leur vie ou de la partie de leur vie qui nous a mis en contact. Je crois que je donne des interviews qui ne sont pas banales et qui apprennent quelque chose, au point que j'ai eu envie de multiplier l'exercice il y a quelques années. C'est loin d'être facile parce qu'une interview, ça se travaille et surtout, toutes les personnalités n'ont pas la même propension à m'inspirer.

Dans des entretiens très privés qui ne feront jamais l'objet de publication, j'ai construit une grille de question qui m'a beaucoup servi l'été dernier pour le questionnaire intrusif [ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et ici]. J'ai d'ailleurs répondu audit questionnaire. Ce n'est évidemment pas le cas pour les "InTtorview" que je publie ici et là, au gré de ce qui est possible de diffuser ou non. Parce qu'en définitive, le socle d'une interview que je mène, c'est d'avoir un angle. Je ne veux pas d'un confessionnal ou alors il faut que l'on définisse cela comme angle. Non, je prends une partie de la vie de celui/celle que je soumets à la question et on déroule. Qu'est ce qu'un conseiller municipal socialiste pense de François Hollande en pleine débâcle ? Qu'est ce qu'il y a dans le slip d'un Têtu-boy ? Quel est le boulot d'un community manager d'un sex-shop gay en ligne ? Autant d'angles qui évoquaient chez moi un intérêt et qui firent que j'ai eu envie de poser des tonnes de questions [oui, mes interviews sont souvent longues]. Je passe aussi les interviews réalisées qui ne seront pas publiées parce que pas réalisées ou pas d'accord à publication [l'interviewé a toujours le droit de me dire non, jusqu'au bout] : celle de François Hollande, celle d'un journaliste historien, celle d'un curé, celle d'un aide-soignant, celle d'un détenu pour crime sexuel, celle d'un musulman prisonnier du dogme familial l'interdisant de vivre son homosexualité, celle d'un homme qui m'avoua n'avoir jamais couché avec quelqu'un à 50 ans, etc ...

Bientôt, tu liras ici de nouveaux entretiens : on parlera d'exhibitionnisme avec un jeune homme, on parlera de sex-tapes avec un autre [dans le cadre d'une série de billets consacrés à cela], on parlera bisexualité aussi ... oui oui, les prochains entretiens seront très kinky, mais c'est bientôt le printemps non ?
Après, si tu te sens d'attaque, il faut m'en parler et me proposer quelque chose. Rien n'est automatique mais rien n'est impossible.

Tto, qui aime écouter