Passer sous la table et tirer le roi

Sa majesté mérite le meilleur et ce n'est pas toujours le plus jeune qui puisse répondre à de telles aspirations [oh oui, aspire bien]. Tirer les rois, c'est ambitieux, tirer son roi c'est déjà plus raisonnable et ça tombe bien : c'est pour dimanche ! L'épiphanie, c'est dimanche.

Et quoi de mieux aujourd'hui que d'évoquer le succulent morceau qui s'introduira dans ta bouche experte, qui fondra à mesure que ta langue l'enveloppera à grand renfort de salive ne trompant personne sur l'expertise qui sera la tienne au regard d'un tel exercice ? Ah ça tu l'aimes qua nd elle est bien faite et même avec du beurre dedans ? Gourmand ...

Mais plutôt que de parler ouvertement trop de cul, laisse-moi t'enduire d'un peu de culture pour que je te pénètre d'un peu de savoir qui enrichira ton fort intérieur qui fait déjà les délices sublimés de ton serviteur. Parce qu'enfin, on dit "tirer les rois" pour manger la galette dans laquelle est placée une fève ! Et pourquoi si tôt ? Tout simplement parce que dans les règles du calendrier et des fêtes religieuses propres à tes bonnes racines judéo-chrétiennes, le jour de l’Épiphanie correspond toujours au deuxième dimanche suivant Noël. Donc là si tu comptes bien, c'est pile ce dimanche !
C'est pour célébrer la visite des rois mages à l’enfant Jésus, mais si souviens-toi de tes rudimentaires bases de catéchisme ...

Le mot Épiphanie vient du grec "Epiphaniea" signifiant apparition ou manifestation. Accessoirement, je me permets de t'indiquer que JEan-Luc Mélenchon sera en convulsion ce dimanche parce qu'avec Noël, ça fait deux célébrations religieuses qu'il va avoir du mal à avaler [pas comme toi ...]. Sauf que, l'utilisation du mot est antérieure au Christianisme, puisque les Épiphanes étaient des divinités grecques qui apparaissaient aux hommes : Zeus, Hermès, Athéna, Poséidon, ou encore Aphrodite. La fête de l’Épiphanie tire donc son origine des célébrations païennes de la Lumière, elle n’est donc pas que chrétienne ! Et pan, dans la gueule du leader minimo.

Depuis, toute une symbolique est venue compléter le rituel de la galette : notamment, elle est ronde pour symboliser le soleil. Le Christ, que les rois mages viennent visiter étant associé à la Lumière, la fête est devenue ensuite chrétienne. Comme ton dentiste préféré te le rappelle lors de l'inévitable contrôle qui se solde irrémédiablement par deux caries supplémentaires parce que tu ne brosses pas assez, il y a dans la galette une figurine qui est dissimulée et celui qui la trouve devient le roi d’un jour. Quel rapport avec le Christ ? Pas grand chose ... et pour cause puisqu'on trouve les premières traces de cette pratique dans les Saturnales de la Rome antique. Au temps des Romains, de cette manière, on tirait un roi éphémère au sort parmi les esclaves et les condamnés à mort, de manière à ce que symboliquement tout le monde soit sur le même rang d’égalité. Au Moyen Âge, la tradition évolua avec la fête des fous lors de laquelle les représentants de chaque classe sociale échangeaient leurs rôles, et où celui qui trouvait la fève était nommé roi ce jour-là. Donc pour les grenouilleries de bénitier, on repassera.

Mais au delà du fait qu'il faut passer sous la table, qu'il faut tout manger, que la frangipane répond à un cahier des charges très strict si tu veux déguster une bonne galette, penses-tu vraiment tout savoir de la galette ? Le rituel de l'échange des rôles n'a-t-il pas donné lieu à des savoureuses orgies au cours desquelles on aurait assisté à des trucs déments ? Tu penses bien que je ne vais pas jouer davantage les Stéphane Bern de circonstance [surtout avec tout ce que j'en sais].
Toutefois, dimanche, si tu veux briller, voici deux petites curiosités qui épater la galerie et à mesure que les bouches s'ouvriront, tu pourras voir [sans aller y loger des doigts ou que sais-je encore] si quelqu'un ne cache pas la fève [comme tous les ans !!] pour éviter d'être désigné roi et donc être l'heureux bénéficiaire de voluptueux massages sexuels destinés à honorer la couronne même éphémère ... ah non, je me suis trompé de fête.

Bon, tu veux passer pour un érudit ?
Quand dimanche quelqu'un va se lancer à couper les parts de la galette, tu lui feras remarquer qu'il faut certes en couper en autant de parts que de convives mais qu'il faut aussi en couper une de plus parce que dans la tradition, une part est destinée à être offerte au premier pauvre qui frapperait à la porte. So chic non ?
Et comme tu ne vas pas t'arrêter là, tu pourras ajouter, avec un sourire étincelant [comme quoi, tu as bien fait de faire ce blanchissage des canines], que ceux qui prennent le moins de risque à manger la galette sont ceux qui la dégustent au Palais de l'Elysée ! Face aux "Diantre", "Fichtre" et autres "Mais comment cela se fait-il" qui poindront avec les sourcils tordus en option, tu balayeras d'un revers de main toute hypothèse saugrenue liée à je ne sais quel plan Vigipirate ou anecdote liée à Paul Deschanel : tu expliqueras que selon la tradition, un Président de la République ne doit pas être roi, même pour un jour, ni l’un de ses invités !

Tto, qui aurait pu être beaucoup plus trash et qui sera roi cette année encore [avec tout ce que cela suppose]

Tirer les rois signifie manger la galette dans laquelle est placée une fève, le jour de l’Épiphaniedébut janvier, logiquement le 6 janvier (Dictionnaire de Trévoux – 1771 – p.793) mais fêté traditionnellement le deuxième dimanche suivant Noël. Cette fête chrétienne célèbre la visite des rois mages à l’enfant Jésus. Le mot Épiphanie vient du grec Epiphaniea qui signifie apparition, manifestation. Son utilisation est antérieure au Christianisme, puisque les Épiphanes étaient des divinités grecques qui apparaissaient aux hommes (Zeus, Hermès, Athéna, Poséidon, Aphrodite etc.). La fête de l’Épiphanie tire son origine dans les célébrations païennes de la Lumière, elle n’est donc pas que chrétienne. La galette, par sa forme ronde, y symbolise le soleil. Le Christ étant associé à la Lumière, la fête est devenue ensuite chrétienne. Dans la galette, est cachée une figurine et celui qui la trouve devient roi d’un jour. On trouve les premières traces de cette pratique dans les Saturnales de la Rome antique. Au temps des Romains, de cette manière, on tirait un roi éphémère au sort parmi les esclaves et les condamnés à mort, de manière à ce que symboliquement tout le monde soit sur le même rang d’égalité. Au Moyen Âge, la tradition évolua avec la fête des fous, lors de laquelle les classes sociales échangeaient leurs rôles (maîtres et domestiques), et où celui qui trouvait la fève (à l’époque, il s’agissait de vraies fèves) était nommé roi ce jour-là. La galette est coupée en autant de parts que de convives plus une part dans la tradition, destinée à être offerte au premier pauvre qui frapperait à la porte. Le saviez-vous ? La galette des rois de l’Élysée n’a pas de fève ! Pourquoi ? Parce que selon la tradition, un Président de la République ne doit pas être roi, même pour un jour, ni l’un de ses invités !