séparation

On dit parfois qu'il y a des saisons à mariage, des saisons à amourettes ... force est de constater que cet automne est une période de séparation. Oh non, je n'évoque pas ici les frasques catalanes ou les ruptures d'entre-soi qui jonchent les manchettes de journaux et autres gros titres de chaînes d'info en continu. Non, simplement des séparations sentimentales et amoureuses.

Je l'avoue, je suis assez perplexe quand j'observe la collection de déchirures auxquelles j'assiste. Certes, tu me diras que c'est la vie et que, pour certaines, le feu couvait depuis très longtemps. Qu'importe : on a beau se faire à l'idée de certaines choses, c'est lorsque cela survient que le calvaire commence.

Dans la majorité des cas auxquels je fais référence, pour difficile que soit la chose, j'incline cependant à penser voire à être persuadé qu'il s'agit là d'un mal pour un bien : la vie est trop courte pour s'encombrer de quelqu'un qui est davantage une source de problème ou de frustration que de contentements de tous ordres.

Fidèle à mon habitude, je reste tapis dans l'ombre sans avoir vocation à tenir le kleenex qui épongera ses larmes qui sécheront bien un jour. Non, c'est plutôt en ESTACADE que je me positionne, comme celui qui sera en mesure de pouvoir guider le voilier destiné à affronter d'autres eaux ou à rentrer au port d'une nouvelle vie après tant de turbulences. Je fais des signes mais je ne me nourris pas des sanglots. Les mots, voilà ma seule arme et c'est souvent le seul baume qui soit en mesure d'apaiser pour autant que cela soit possible en de pareilles circonstances.

Et puis, je relativise beaucoup. C'est dur, froid et presque clinique mais je ne sers pas la soupe, surtout pas. Vendre de l'espoir alors que j'ai longtemps expliqué que l'impasse était déjà là, que les mauvais signes étaient trop nombreux ou que l'illusion ne tenait pas trente secondes, ce serait une imposture. J'entends bien que tout le monde n'a pas la force, à ce moment là, d'entendre et de se manger ce que j'ai à dire. Ce n'est pas non plus par pur sadisme que je procède ainsi, c'est surtout parce qu'on n'aide jamais quelqu'un qui a mal en lui faisant regarder obstinément la plaie qui l'affecte. Lorsque je me suis séparé de Zolimari [presque exactement à cette époque de l'année], rares furent ceux qui me détournèrent ainsi le regard, un seul le fit.

Dans "séparation", on devine de façon subliminale un mot : "action". Alors oui, de façon assez impitoyable, j'oblige à l'action et la réaction. Il y a un temps pour tout mais si pleurer dix jours peut se concevoir, au delà c'est se morfondre et je connais trop pour y être passé de façon putative les ravages que cela produit. Sauf cas extrêmes, on n'est jamais vraiment surpris par une séparation qu'on en soit à l'origine ou qu'on la subisse. Tous ceux qui sont aujourd'hui concernés par cela ont entendu jadis sortir de ma bouche le présage de ce qui arrive aujourd'hui. Je n'en tire aucune gloire, je suis juste un ami qui essaye de protéger celles et ceux qu'il aime parce qu'il se dit qu'il aurait aimé qu'il en soit ainsi pour lui-même.

On ne guérit pas toujours d'une séparation et les méthodes de rémission sont nombreuses : histoire kleenex, coucher tout de suite ailleurs, voyager, faire du sport, se jeter à corps perdu dans une activité de nature à divertir du chagrin ... Non, il n'y a pas de solution infaillible, mais peut-être existe-t-il pour celles et ceux qui sont ou seront concernés un atout dans leur jeu, mon numéro de téléphone qui leur permettra de m'appeler à l'aide. Ce n'est pas un joker, ce n'est pas un vaccin, ce n'est surtout pas une délégation : c'est peut-être une carte utile pour digérer et repartir de l'avant.
On peut refaire l'histoire mille fois et essayer de trouver des explications qui n'existent pas : oh ça oui, perdre du temps pour gagner encore quelques fractions de seconde d'un passé révolu c'est toujours possible. Hélas, je suis un bien mauvais complice pour cela. Si tu en as besoin, tu sais où me joindre et tu sais quoi en attendre. Je t'accorde une chose : c'est dur mais toujours pour ton bien, il n'y a que cela qui m'importe.

Tto, qui sait que les larmes sèchent toujours

2017 - LOGO MOT DU PREMIER

ESTACADE : substantif féminin
A - Construction à claire-voie, faite d'un assemblage de madriers disposés sur une rivière, un canal ou à l'entrée d'un port dans un but de protection. 
Dans une acception maritime et militaire, barrière flottante établie à l'entrée d'un port pour le protéger (des navires ennemis). 
B − Par extension, jetée à claire-voie. 
C − Par analogie et pour ce qui concerne l'univers des chemins de fer :
1. Plate-forme en charpente destinée à faciliter le chargement du charbon. 
2. Pont de chemin de fer construit sur pilotis de bois.