2017 - DR LOVE

Bonjour. J'ai des questions pour le docteur love qui m'apprend vraiment des tas de trucs : est-ce qu'il y a vraiment des mecs qui bandent mou. Comment prend on son pied dans ces conditions ? Comment faire jouir quelqu'un qui bande mou, moi je n'y arrive pas :-) c'est pour ça j'imagine que certains sont passifs ? A ce propos qu'elle est la nuance que certains font entre baise et position sur le critère actif/passif ?

La rentrée permet au Dr Love de reprendre ses consultations et c'est une avalanche de questions que voici mais qui tournent toutes autour du fait que certains hommes présentent des dysfonctionnements de la fonction érectile de leur membre viril.

A titre liminaire, il est utile de rappeler que l’érection est un phénomène physiologique dans lequel les corps caverneux se gorgent de sang rendant le pénis [ou le clitoris] gonflé, ferme et dilaté. Cette érection est le résultat d’une interaction complexe de facteurs endocriniens, psychologiques, neurologiques et vasculaires, et est habituellement, mais pas exclusivement, associée à l’excitation sexuelle ou l’attirance sexuelle. Et c'est bien là que la question se pose dans la mesure où l'on réduit très souvent l'excitation et la propension à ressentir l'orgasme au fait que l'on dispose d'une érection. La pornographie comme l'imagerie populaire sinon le vocabulaire [on parle d'impuissance !!!] a correlé très souvent et longtemps les deux, l'érection conditionnant les autres. Pourtant, ce n'est pas aussi simple que cela ...

A contrario même, on rappellera que les érections du pénis durant la nuit, connues sous le terme de tumescence pénienne nocturne, n'impliquent pas obligatoirement orgasme ni même le besoin irrépressible d'une satisfaction sexuelle immédiate. C'est donc bien que l'érection n'est pas la condition obligatoire de l'orgasme, et inversement même s'il est clairement plus aisé de parvenir audit orgasme au moyen de l'érection du pénis.

Plusieurs ouvrages andrologiques, l’étude sur l’impuissance sexuelle étant nommée andrologie, ont permis de démontrer que l’impuissance érectile est une impuissance sexuelle qui peut survenir en raison de diverses raisons physiologiques et psychologiques, dont la plupart peuvent être médicalement soignées. Les raisons physiologiques communes incluent diabète, rhinite, alcoolisme chronique, sclérose en plaques, athérosclérose, maladie vasculaire et maladies neurologiques qui ne comptent pas moins de 70 % des cas d’impuissance sexuelle. Certaines substances utilisées pour soigner, comme le lithium et la paroxétine, peuvent également causer des impuissances érectiles. Des traitements existent et ne consistent pas seulement en l'ingestion de pilules bleues assurant une érection pendant les deux heures qui suivent ... Un soutien psychologique permet également de faire de bons progrès en cas de soucis.

Toutefois, sans arriver au fait qu'un homme ne parvient pas du tout à maintenir une érection de qualité permettant d'envisager la pénétration, il arrive que l'érection soit de qualité médiocre. C'est communément ce que l'on appelle "bander mou", pour reprendre les termes de la question. A cet égard, on rappellera également qu'un nouveau raccourci doit être combattu en ce qu'il réduit l'orgasme à l'éjaculation. 

Si l’éjaculation est généralement concomitante à l’orgasme, les deux ne sont pas liés. Pour faire simple, l’un est la conséquence naturelle de l’autre mais il est courant d’éjaculer sans orgasme, ce qui est souvent le cas des éjaculations précoces. De même, il est aussi possible d’avoir des orgasmes sans éjaculer en contractant fortement son muscle pubococcygien au moment où l’on sent venir le point de non retour. C'est particulièrement le cas dans certains écrits tantriques et taoïstes où cet apprentissage permet à l’homme de ne pas perdre son érection après un premier orgasme sans éjaculation : on parle d’injaculation, d’étreinte réservée, d’orgasme sec, de coup sec … Il semblerait que cela favorise la propension à devenir multi-orgasmique.
En d'autres termes, l'orgasme peut être atteint de multiples façons au moyen de la stimulation de zones érogènes susceptibles d'amener le sujet à l'état d'excitation maximum qui déclenchera l'orgasme sans qu'il ne présente d'érection ou qu'il n'y ait éjaculation. Certains sujets expliquent que pour y parvenir, la stimulation de leurs tétons ou de la zone anale avec sollicitation de la glande prostatique sont à privilégier.

Enfin, et c'est la dernière partie de la réponse, il est erroné de conclure qu'un homme qui présenterait des difficultés érectiles n'aurait d'autre choix que de devenir passif dans le cadre d'une relation impliquant un pénétration, qu'elle survienne dans le cadre d'une relation homosexuelle ou hétérosexuelle. En effet, les notions de "actif" et "passif" sont des abus de langage qui simplifient à l'extrême pour désigner, temporairement ou définitivement au cours de l'acte sexuel, la personne qui pénètre et celle qui est pénétrée. L'absence d'érection ou le défaut de celle-ci peut parfaitement être compatible avec le fait qu'une personne dite passive parvienne à l'orgasme alors que son partenaire n'a pas eu d'érection. Ce serait réduire l'acte sexuel au seul acte de pénétration, ce qui serait là encore abusif. En revanche, il est exact que certaines personnes qui subissent des problèmes érectiles préfèrent, par confort, s'inscrire dans une attitude passive pour desserer la contrainte d'avoir à gérer une érection dont ils anticipent qu'elle sera difficile à atteindre voire à maintenir. Toutefois, je rappelle que dans un pareil cas, les pénétrations subséquentes ne sont pas nécessairement agréables ni même de nature à provoquer chez elles l'orgasme surtout si, en définitive, le rôle "actif" leur convient mieux ... une pénétration subie n'est pas le meilleur gage de plaisir tant psychologiquement que physiologiquement puisque l'humidification des muqueuses n'est pas favorisée.

Dr Love bottom 2017