Diagnostic

Le fait est qu'on s'en souviendra ... Toi, tu ne t'es rendu compte de pas grand chose mais juin et juillet 2017 resteront de grands crus pour nos décomptes de sécurité sociale ... Ah oui, "nos" en effet. Oui parce que tu as loupé quelques épisodes, aujourd'hui on refait le match avec tous les détails ... c'est l'heure du diagnostic !

Tu te souviens certainement des épisodes précédents au cours desquels je t'ai narré mon intervention chirurgicale et les conditions un peu stressantes qui l'on accompagné [ici, ici et ici]. J'avais même commis un billet de situation sur ma convalescence. Oui mais ça, c'était sans compter que je n'étais pas le seul à vouloir me faire remarquer sur le sujet. Décidément, Zolimari est un mari jaloux qui ne voulait pas me laisser le seul privilège d'être plaint à raison de problèmes de santé.

Il voulait sa part du gâteau en fait ...
Voilà donc que le dimanche 23 juillet, Zolimari se lève avec un sévère mal de tête qui n'est pas sans me rappeler celui que j'avais éprouvé avant de me faire opérer et donc je parlais dans mon billet. Mais pas la petite migraine hein, le bon gros mal de crâne qui l'a même incité à faire une super sieste de deux heures au cours de l'après-midi. A raison de l'antériorité dont je pouvais jouir sur de pareilles circonstances, je l'ai incité à faire ce que j'avais fait pour me soulager un peu mais j'étais un peu troublé de voir que les symptômes étaient exactement les mêmes. Exactement ? Non en fait ... pas exactement, parce que le lendemain matin, il était dans un état assez catastrophique. Difficultés à rester debout, vomissements, fièvre qui ne descend pas ... "Oui mais il faut que j'aille bosser, j'ai un truc important à faire !" me lance-t-il comme si c'était vraiment nécessaire. Avec autorité, je réussis à lui faire prendre un rendez-vous express chez le médecin. Un ami que nous hébergions l'y a conduit vers midi et en sortant, il m'appelle :
"Bon bah, il est un peu affolé le toubib en fait. Il veut que j'aille tout de suite aux urgences pour faire un tas d'analyses parce qu'il n'aime pas trop tous les symptômes que je présente. Donc là, j'y vais" me dit-il avec une voix des plus faibles.

Illico presto, je bazarde ce que je peux bazarder dans l'après-midi et je me rends aux urgences. J'ai eu droit à une vieille anglaise qui hurlait parce qu'on ne voulait pas lui commander de taxi mais elle était manifestement sénile. Une black chuchotait qu'on était en plein complot et prévenait qu'elle allait appeler Bernadette Chirac pour la tenir au courant de ce qui se tramait devant notre complicité passive. Et j'ai attendu ... j'ai attendu ... Pourtant, en arrivant, j'ai encore fait mon petit effet lorsqu'on m'a demandé qui j'étais pour Zolimari, j'ai pris ma belle voix de steward pour balancer "Son mari !", ça rend toujours les gens un peu décontenancés.

Après avoir prévenu sa maman de ce qui se tramait, j'ai eu un coup de fil de Zolimari qui venait de récupérer son téléphone : c'était une méningite. Il ne savait pas encore laquelle [pour info, la mortelle est la méningite bactérienne] mais il y avait de grandes chances pour qu'elle ne soit que virale. En tout état de cause, son transfert dans un centre de maladies infectieuses était imminent. N'ayant pas eu davantage de nouvelles pendant 2 heures, je me suis à nouveau rapproché de l'accueil qui m'informa qu'il était parti depuis 30 minutes ... sans que je ne puisse le voir. Récupérant la maman de Zolimari en pleurs, j'ai eu l'outrecuidance de vouloir rentrer en transports mais c'était sans compter sur le chaos made in SNCF du soir donc j'ai fini à pied à rassurer ma belle-mère.

Il est resté 3 jours dans le centre de maladies infectieuses. Je suis allé le voir tant que j'ai pu, même en catastrophe un soir in extremis mais ça fait bizarre de visiter son mari avec un masque pour éviter qu'il ne te contamine. Sitôt rentré à la maison, il m'a donné la pleine mesure de son mauvais caractère de mauvais malade. Nous avons annulé un wikende à Londres et j'ai eu droit à une crise de larmes parce qu'il commence à se rendre compte qu'il a l'age de ses artères et que minimiser ce qu'il a eu ne peut masquer la réalité qui veut qu'il ne récupère pas aussi bien ni vite qu'avant. Bah oui, c'était mieux avant et comme j'aime à le dire régulièrement, il arrive un moment où l'on se rend compte que notre corps n'est plus notre copain comme avant ...

La semaine d'après, nous avons enfin eu la révélation du noeud de l'histoire. A la faveur d'un rendez-vous post-hospitalisation pour vérifier que tout était bien en ordre, Zolimari a interrogé le médecin sur les causes de cette maladie. Avec les quelques éléments de circonstances que je viens de rappeler et le fait que je sois très troublé d'avoir eu pratiquement les mêmes symptômes, les conclusions étaient claires : c'est moi qui lui a refilé la méningite, méningite que j'avais donc contracté alors que j'allais être opéré et dont je ne m'étais pas vraiment débarrassé lorsque je me suis fait ouvrir. Rétrospectivement, ça fait un peu peur ...

En gros, je l'ai infecté et le truc a dormi pendant trois semaines comme ça, pour ressurgir d'un coup et le foutre par terre. C'est surtout que l'anesthésiste à qui j'avais confié avoir de violents maux de tête, beaucoup de tension [16/12 quand même] et un affaiblissement étonnant n'a rien vu, pas plus que mon médecin d'ailleurs. Donc, si je n'avais pas été résistant ou si j'avais eu une méningite bactérienne, j'y serai passé et Zolimari avec moi !

Donc, pour résumer : en juin, je me suis marié, j'ai contracté une méningite, je me suis fait opérer, j'ai été arrêté trois semaines pour me remettre de tout ça et fin juillet, Zolimari a été diagnostiqué d'une méningite à son tour. Sympa non ? Cette année sera mémorable, c'est clair !

Tto, survivor