Ce n'est pas ce que tu crois

L'irrégularité rompant avec la cadence jadis quotidienne de mes écrits a de quoi interroger et ce n'est pas illégitime que de se demander ce qui peut bien expliquer ce qui n'était jamais arrivé.

Certains se diront que je n'ai rien à dire, d'autres que je suis en maque d'inspiration [et qu'à force de brasser du vent, il fallait bien s'attendre à ce qu'il m'emporte] ... Hélas, tout cela n'est pas exact : j'ai beaucoup de choses à dire et le programme (f)estival était quasiment bouclé. Sauf que je n'ai pas la disponibilité de pouvoir m'y consacrer. Je t'assure que les sessions du wikende que devaient être "Le cahier de vacances" et "le test des incollables" étaient finalisées et devaient remplacer le :CU/LT/ et les rediffusions des premières fois. Pour la semaine, la photo d'actualité était prête et les publications plus olé olé devaient rythmer deux fois par semaine tes congés. Oh bien sur, tout n'était pas écrit mais j'avais le squelette de tout.

"Bah alors ???" me lanceras-tu ? Et bien, je ne suis pas une machine et le billet sur l'après-mariage, qui est une phase dépressionnaire évidente, devait être publié il y a quelques jours sans que je ne trouve la force de le faire. Probablement que tout cela est trop dur à lire, trop impudique, trop "enfant gâté", trop ...

C'est qu'il faut bien comprendre que le nuage sur lequel ce mariage m'a perché est, à l'instar de ce que Pinocchio croise dans le monde merveilleux et sucré du Pays des jouets, une sorte de Janus aux effets pervers diaboliquement sournois. La souffrance physique de trois semaines de douleurs et un amoncellement de contrariétés plus ou moins importantes ont fini par achever le recul salvateur que j'avais décidé de prendre face à cette vie qui me bouffe de l'intérieur. Oui, derrière le rideau, je t'ai toujours expliqué que les choses ne sont pas si étincelantes qu'on l'imagine. Il faut aussi toujours se méfier de l'eau qui dort, elle enferme des monstres qui ne sommeillent jamais.

Donc oui, je n'ai pas nécessairement ce que j'appelle la forme ni même la pêche. Je tente de surnager face à tout cela, avec un mari qui sombre chaque jour davantage [samedi soir ayant été assez paroxystique à ce niveau, mais les wikendes se suivent et se ressemblent hélas]. J'essaye de donner le change [et malheureusement, j'y parviens très bien ... probablement mieux qu'avant tellement je maîtrise cet exercice dérisoire], je me raccroche à des perspectives qui s'évaporent à mesure que le sablier de ma vie laisse passer les grains de sable attirés par la gravité.

De tout cela, tu liras cette semaine le récit puisque j'ai commis ce que je fais assez rarement : je me suis auto-interviewé, puisque je pense être le seul à maîtriser pleinement l'exercice et avec le côté tranchant que cet exercice mérite [ceux qui sont passés entre mes mains le savent bien]. Oui, une longue interview sonnera le glas de la saison XII, saison mémorable qui devait s'achever plus tôt et qui finit avec ce goût amer mais qu'il faut savoir terminer ainsi. Cette in-Tto-rview te donnera les clefs et me permettra de prendre date [tu comprendras ...].

On pense toujours comprendre, toujours savoir, toujours avoir un bon conseil à donner. Je t'assure qu'en l'occurrence, ce n'est pas ce que tu crois.

Tto, qui va se déboutonner