On a toujours tort de se dire que le décès attendu d'un proche fera moins mal ... 
Voilà des semaines sinon des mois que l'on m'annonce ce départ prochain. Lui, je l'ai connu depuis que je suis tout petit, les photos témoignent de sa présence quand j'étais nourrisson et je me souviens de ces soirées où mes parents nous laissaient chez eux quand ils allaient au concert ou ailleurs. Oui, je ne connais Le Pecq qu'ainsi, que par le prisme de ce couple qui était là, présent tout le temps, bourgeois mais pas trop ...

Mariage R et M

René et Mariette, c'est tout une histoire, tout plein d'histoires et je me souviens de la soirée surprise d'anniversaire de mes 20 ans où il avait, comme cela arrivait souvent, occupé l'espace à raconter avec talent et maestria les petites aventures de la vie avec son épouse, sa fille et surtout sa belle-mère. Mariette, c'est la fille de la demi-soeur de ma grand-mère. René l'a épousé en 1945, au Vésinet là où une partie de la famille de mon père était établie. C'est d'ailleurs au Vésinet que je vais aller de nombreuses fois avec eux me promener, au Parc des Ibis pour aller m'approcher des cygnes qui pincent, pour jouer dans l'herbe et monter sur les petits ponts de bois qui permettent de passer le cours d'eau lézardant.

Oui, je me souviens tendrement de lui, de son rire et de ses chicaneries. Un fort caractère pour cet homme qui fit carrière dans l'imprimerie et témoignait d'un certain détachement sur beaucoup de choses, voilà aussi ce que je retiens, détachement au sujet de ces histoires de famille toujours plus sujette à prendre la tête à tout le monde. D'ailleurs, en écrivant ces lignes, je m'aperçois que je ne sais pratiquement rien sur la sienne. Toujours bien mis [je crois ne jamais l'avoir sans cravate], le sourire large et généreux, il savait au détour d'une question a priori innocente trouver l'information qu'il cherchait, balancer le petit mot qu'il fallait. René était très urbain et passait clairement partout.

La dernière fois que je l'ai vu, c'était en 2015 en rentrant du Costa-Rica. Nous avions été invités avec Zolimari [dont ils avaient fait la connaissance quelques années plus tôt] à participer à un repas pour célébrer les soixante-dix bougies de leur union. Avec le temps, les cercles familiaux se distendent mais il est clair que j'ai toujours voulu participer à cela, ils étaient finalement ceux qui avaient encore le mieux connu mes grands parents. D'ailleurs, lorsque je m'étais pris de déterrer quelques informations généalogiques et capter quelques identifications de photos, c'est bien à eux deux que je m'étais adressé. Je n'avais pas été déçu : les histoires foisonnaient !

René est parti hier matin, après sa toilette. Il laisse une épouse et une fille bien seules.
Le calvaire des derniers mois a donc trouvé son terme, qu'il repose en paix.

Tto, bien triste