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Aujourd'hui est donc le jour où s'accroche la 42ème bougie à mon palmarès ...
C'est un fait : comme plein d'autres choses qui ont une importance capitale d'ordinaire [et je ne parle pas seulement du nombre de centimètres que j'héberge dans mon pantalon], mon âge est un truc qui m'en touche une sans vraiment faire bouger l'autre. 

De là à dire que je m'en fous, il ne faut pas exagérer mais honnêtement, je ne suis pas en dépression depuis 20 jours parce que je prends un an de plus ce soir [sois précis, à 23h35 ... pas avant].

Si ce détachement me met à l'abri de plein de choses, cette année c'est presque encore plus pire puisqu'avec le mariage auquel il faut ajouter ma mobilité réduite consécutive à l'intervention chirurgicale que tu sais, je suis TRÈS TRÈS TRÈS loin de la déprime. C'est d'ailleurs assez drôle de se dire que, si d'ordinaire on me donne moins que mon âge, là je fais au moins le double sinon le triple ! Je t'assure que cela aide à relativiser.

Et puis, cette année, j'ai pu envoyer tout le monde valser avec les demandes sempiternelles d'idées cadeaux de ce qui me ferait plaisir. Bah oui, quand tu es dans le cirage depuis 10 jours, que tu te traînes comme une vieille chose incapable de se lever de son canapé en moins de 40 minutes [et je ne te parle pas des séances de la douche ... c'est épouvantable], c'est plus facile de dire à tout le monde "débrouillez-vous, moi je n'ai pas d'idées pour moi".

Ainsi donc, cette journée d'anniversaire sera celle qui permettra de recevoir plein de messages, de prendre du temps pour moi [10 minutes pour aller du salon à la cuisine, c'est le pur bonheur] et de laisser les choses venir. Bien sur, j'aurais préféré être en forme olympique et pouvoir jouir royalement de mon statut de star du jour. Mais non, ce n'est pas vraiment ce qui est prévu : Zolimari m'a annoncé m'avoir trouvé un gâteau pour ce soir. Mes parents doivent venir garder le pauvre malade transperçé de douleurs que je suis pour prolonger la soirée chez moi, en petit comité histoire de donner quand même à cette journée une tonalité un peu spéciale par rapport aux dix dernières autres. Bah moi, ça me suffit.

C'est vrai ... je n'aime pas fêter mon anniversaire non pas à cause de mon âge mais du fait d'un traumatisme qui remonte à plus loin et qui m'a déterminé dans l'idée de ne plus jamlais organiser mon propre anniversaire. Il y a des plaies qui ne se refermeront jamais. Aussi, mon anniversaire est toujours l'occasion de me faire une surprise puisqu'il est clair que jamais je n'organiserai plus celui-ci. Sauf que cette année, la logique de la suprise est émoussée. Bien sur que cela me fait plaisir qu'on me fase une surprise [bopn, pas en débarquant à 8h du matin chez moi alors que je suis tout nu dans les toilettes quand même ...] mais cette année, j'ai fait le plein d'amoiur. A l'occasion de notre mariage, j'ai reçu comme autant de flèches délicieusement empoisonnées tous les témoignages bienveillants que nous avons reçu le 3 juin dernier. Et nonobstant tout ce qui m'arrive depuis, je te confirme une chose : je ne suis toujours pas redescendu du nuage en question. Pourtant, y a la dose pour me ramener sur terre ! Mais en fait non ... dans cette mesure, les témoignages d'affection que j'ai reçu et que je vais continuer à recevoir gonflent encore un peu plus les voiles déjà bien bombées par le mariage. Aussi, je continue à planer sans vraiment mettre dans mon anniversaire un enjeu particulier qu'il pourrait peut-être avoir d'autres années où j'aurais davantage besoin de me sentir aimé [ah ça ... le drame de ma vie : me sentir aimé].

Cette année est donc paradoxale : je suis loin d'être au mieux et, ce matin notamment, j'étais vraiment furieux de devoir encore et toujours composer avec plein de douleurs qui m'épuisent au sens propre comme au figuré. Je souffre carrément et même, je dérouille bien comme il faut. Et pourtant, je suis bien. Je suis content parce que ce n'est pas si souvent que je suis dans ce sentiment de plénitude, en accord avec ce que je suis, ce que je voulais et entouré par ceux qui me sont chers. Et en plus, la vie me fait des clins d'yeux comme ceux racontés hier ...

42 ans donc, ça peut paraître vieux. Je peux être périmé aux yeux de petits branleurs qui s'accrochent à des chimères toutes plus inefficaces les unes que les autres pour se rassurer de façon stérile sur leur propension à ne pas devenir ce qui leur est inexorablement promis ... moi, je suis content d'avoir 42 ans. Je ne vois pas le temps passer, j'aime ma vie et même quelques mouvements me rappellent des accidents passés, j'aime beaucoup ce que je suis et qui a commencé le 27 juin 1975 vers 23h30 après plus d'une journée de travail. Cette vie, j'en ai notamment l'eau à la bouche et je suis loin d'être rassasié.

Tto, level 42