KEEP CALM WEDDING IS COMING

De tous les retours d'expérience que tu peux entendre s'agissant de l'organisation d'un mariage, l'épreuve ultime n'est pas vraiment la tenue, pas franchement la set-list, pas obligatoirement le menu ... non, la vraie difficulté, le Cap Horn nuptial c'est le plan de table !

Nan mais parce que tu peux le gérer de différentes façons bien entendu : soit tu laisses tout le monde faire et ça va foirer à un moment ou à un autre parce qu'il va toujours y avoir un problème à gérer sur le moment [et ça, tu n'as clairement pas envie de te coltiner un truc du genre qui revient à faire un plan de table en live], soit tu organises savamment les choses avec la précision suisse de l'horloger rigoureux.

Je dois te l'avouer : je nous avais trouvé comme les pâtés sur le coup, impériaux ! En 12 minutes chrono, le plan de table était fait, un dimanche après-midi entre deux films pop-corn et trois autres procrastinations. C'est simple : je n'en revenais pas à telle enseigne que je m'en suis vanté outrageusement, comme pour ringardiser celles et ceux qui m'avaient prédit les pires cauchemars à la lumière des négociations incessantes intervenues sur un simple faire-part. 
Oui mais ça, c'était avant ...

Bah oui, parce que rien n'est jamais totalement simple et tout est évidemment compliqué quand tout le monde s'y met. C'était avant que deux annulations n'interviennent à la dernière minute alors que nous avions balancé tous les messages possibles et imaginables pour obtenir une sécurisation de la présence de chacun. Après avoir confirmé le nombre de convives au traiteur, il ne se passa pas 24h pour que l'annulation en question intervienne ! Déjà, ça m'a mis de bonne humeur. Mais au delà du fait qu'il faille prendre la grosse voix et négocier avec le traiteur intraitable, je n'avais pas réalisé que Zolimari imaginait que cela emportait modification du plan de table sublime que nous étions parvenus à arrêter ! Nan mais attends, toute ma gloire réduite à néant comme ça, à la dernière minute en plus ... comme si je n'avais que ça à faire, me prendre la tête avec Zolimari sur cette question essentielle sur laquelle tout le monde se vautre !

Ca n'a pas loupé, j'étais remonté comme une barraque à frites et donc, le plan de table était de retour un peu à la manière du retour du jugement dernier de la Destination finale apocalyptique. Tu vois le genre ? C'est encore très en deça de la réalité.
Fort de ses certitudes nouvelles sur la question, Zolimari a commencé vers midi une première ébauche ... ébauche que j'ai refusée au motif qu'elle faisait en sorte qu'aucun mélange n'était prévu, chacune famille étant parquée dans on coin et les amis pas mélangés alors qu'ils se connaissent.
Puis, il a décidé de retirer une table parce qu'une table lui semblait trop dégarnie. Big bang absolu et là, c'était un vrai bordel général avec, pour le coup, plein de gens qui étaient séparés et surtout une table en sur-effectif. J'ai évidemment dit non ...

Comme il s'énervait parce que je refusais toutes les propositions et qu'il voyait que j'étais en mode Tchernobyl, il décida de me laisser tout seul devant l'écran et d'aller faire à manger. J'ai alors repris les manettes et là, je reconnais j'ai tout mis par terre en mélangeant beaucoup ... j'ai cassé les tables de sa famille auxquelles il ne voulait pas toucher, j'ai fait glisser deux personnes qu'il s'obstinait à laisser à un endroit qui compliquait tout. Evidemment, il a refusé en bloc. J'ai alors proposé autre chose ... jusqu'à ce qu'il tente de revenir sur l'alpha et l'oméga du plan de table. 

Là ... c'est clair, j'ai démissionné et j'ai levé le camp, le laissant à ses divagations "surréalistes" [j'aime bien toujours taper fort avec un mot assassin ... ça marche toujours].
Ah ça, y a eu de l'ambiance ... du coup, je suis parti me consoler avec James Bond [ce qui agace encore plus Zolimari, parce qu'il adhère peu à 007], le laissant s'exciter sur l'inciliable qu'il voulait concilier. Quand il est en "tête de mule" comme ça, je lache l'affaire parce que sinon, je prends des coups puisqu'il ne sait pas décider et gérer son stress à la fois. Qu'il se débrouille après tout ...

Huit heures plus tard, un peu penaud, il est revenu vers moi pour me dire qu'il arrivait à la conclusion qu'en fait, les problèmes n'en étaient pas et qu'on allait rester sur le même schéma quitte à alléger la table initalement concernée par les deux forfaits. Mon regard éloquent a, je le pense, bien traduit le "Ah oui ? Tout ça pour ça donc ..." un peu exaspéré.
N'empêche que ... lorsque le soleil fut couché, nous avions donc un plan de table. Bon ok, quasiment le même [donc on aurait pu utiliser toute l'après-midi pour faire autre chose, je te le concède mais ça, ça aurait été trop simple !] mais en pas pareil.

Tto, flegmatique parce qu'il le faut bien