2017 - LA PREMIERE FOIS2016 - LA SIT'COMPAGNIE CHERIE

Ce n'est pas banal que de parler de travail le dimanche ... tu sais ce jour où tu te tailles les veines vers 18h en envisageant qu'il va falloir y retourner le lendemain. Ah bah oui, donc soupe à la grimace dans quelques heures mais d'ici là, il est peut-être temps de te raconter un petit truc ...

Mardi dernier, "petit déjeuner de la convivialité" organisé auquel je n'ai pas réussi à échapper. Oui je sais, le "petit déjeuner de la convivialité" est un concept très étrange, On se donne bonne conscience, on fait comme si on était ravi de voir tout le monde, on fait semblant d'être à son meilleur à 9h du matin et on la joue corporate à fond les ballons pour démontrer à qui voudrait le voir encore qu'on est le meilleur élément qui soit, le petit doigt sur la couture. C'est tellement pas moi que je préfère souvent ne pas m'imposer ça, ne pas infliger ma présence détonante à cette assistance de pâtes trop cuites qui confine aux mollusques dégénérés. Sauf que bon, on dit déjà que je suis snob, que je suis infréquentable et que venir me dire bonjour est destructeur pour l'estime de soi ... si je ne sacrifie à ces petits rituels consternants, tu imagines ...

Donc :
- après avoir râlé ostensiblement sur l'heure dudit petit déjeuner,
- après avoir fait remarqué qu'il était singulier qu'il me soit demandé d'assister à ce "truc" dans le couloir et de m'étonner qu'on n'ait pas eu la décence de réserver une salle à cet effet,
- après avoir fait observé que moi j'avais beaucoup de travail,
- après avoir pris la précaution d'indiquer que je ne pourrais probablement pas rester trop longtemps [pour la raison précédente],
- après avoir checké la liste des invités et fait le tri,
- après avoir choisi soigneusement ma tenue de working boy dans la perspective de bien trancher avec la médiocrité ambiante,
- après être arrivé aux aurores [parce que c'est un fait, j'ai ENORMEMENT de travail],
je me suis rendu à cette chose ...

Ah ça oui, je maîtrise l'exercice, j'en ai fait des tonnes et je manie la vanne cassante mais toujours aimable avec une aisance qui suscite toujours beaucoup de vocations à essayer de m'en retourner une.

"Ah t'es peinte aujourd'hui ? On voit que c'est une grande occasion" ai-je ainsi décoché à une collègue, histoire de me mettre en jambe. A celui qui me faisait remarquer que je mettais des pochettes de costume comme le grand chef, j'ai répondu que je n'allais pas m'enlaidir sous prétexte qu'il ne faille pas lui ressembler mais que je comprenais sa timidité à cet égard. "Oh mais tu es déjà là ce mation ?" ai-je balancé à celle qui arrive mécaniquement à 10h10 tous les matins, histoire de bien souligner que c'est donc possible : elle est démoulable avant 10h. Bref, c'était un festival comme de coutume ... et j'avais de quoi faire puisque j'ai tâclé les filles qui te bassinent avec leur régime mais qui se jettent sur les viennoiseries comme si elles n'avaient pas mangé depuis 12 jours, j'ai rappelé que je ne bois pas de café moi parce que je ne suis pas drogué et que le thé demeure de l'eau chaude avec des plantes mortes. Même quand on m'a proposé un jus d'orange, j'ai invité lâme charitable à consulter la collection de E402 ou E quelque chose se trouvant sur l'emballage ... Oui oui, grosse patate !

Et là, on m'apprend que l'un de mes victimes favorites fête son anniversaire le jour même ... Ah !!!!! A la vitesse de l'éclair, je m'approche, elle a déjà compris que c'était la fin, qu'un tsunami d'horreurs allaient lui tomber dessus [mais c'est là que tu remarques le mauvais esprit des gens, ils viennent me chercher pour dire des affreusetés qu'ils n'oseraient jamais prononcé ... en même temps, faudrait être capable d'y penser et d'avoir un peu d'esprit].
Donc, je commence gentiment sur l'aspect fossile de la chose, les "oh mais qu'il est vilain" se succédant mais un peu comme des "oh non" qui veulent tellement dire oui. La prioe tente vainement de riposter et vlan se prend un diagnostic de retour d'âge. Crescendo, je mitraille ... oui je sais bien qu'à vaioncre sans péril on triomphe sans gloire mais au moins, ça m'occupe dans le désert d'ennui quie constitue cette cérémonie de la "convivialité".

Et c'est à cet instant qu'une greluche, fille de et bien pêtrie de l'être, débarque en retard et tente de jouer la Zorro de circonstance. Fière comme Artaban, elle se poste devant moi, m'alpaguant avec assurance ...
- Bonjour Tto
- Bonjour ...
- Tu sais, t'es vraiment pas gentil là quand même ...
- Ah ?
- C'est son anniversaire quand même. Cette pauvre Monique quand même ...
- C'est clair que tant de condescendance, c'est tellement plus gentil ...
- Oh la la, moi je vais lui faire un bise pour la peine ...
- Ah bah dis donc, tu parles d'un cadeau ...
- Pas toi Tto ?
- C'est quand même pas Noël ni son départ en retraite ... faut pas exagérer quand même ...
- Mais arrête dis donc !!! C'est fou d'être aussi argneux en fait !
- [En la regardant de très haut parce que j'ai en plus l'avantage de la taille] Dis donc ma chère ... je te conseille d'arrêter tout de suite de te prendre pour ce que tu n'es pas.
- Hein ?
- Oui cesse immédiatement. Même ma mère ne me parle pas comme ça, alors ce n'est pas toi que rien n'autorise à cela qui va commencer hein ...
[Et là, je me suis tourné en plaisantant au sujet de quelqu'un d'autre, la laissant là comme une merde, figée]

Tu veux jouer connasse ? Apprends déjà à marcher ...

Tto, terreur de trucs conviviaux où il ne veut pas aller