La bouteille à la mer

Précédemment dans "La bouteille à la mer" et pour rattraper tout le retard, les épisodes sont disponibles ici : Episode 1, épisode 2, épisode 3, épisode 4, épisode 5.

Il fallait bien en finir de ces fantômes du passé pour mieux repartir et c'est finalement ainsi que j'ai compris que cela allait tourner. Normal de mon point de vue, mais la question était désormais de savoir si les éclaircissements historiques apportés, nous aurions les moyens de trouver des sujets pour entretenir ce dialogue. Ce n'est pas le tout de se retrouver après tant de temps, encore faut-il savoir si l'on a envie de continuer à se parler puisqu'on a achevé de se dire tout ce que l'on pouvait se dire au sujet de ce qui ne sera plus jamais ...

Bien sur, j'ai fait quelques recherches encore et j'ai retrouvé des photos de quand elle était adolescente, avec sa grand-mère [puisqu'elle m'avait confié ne plus en avoir et souffrir justement de ne plus pouvoir disposer d'images permettant de fixer cette période]. J'ai demandé à ma mère de chercher dans ses cartons de photos qui jaunissent et nous en avons retrouvé quelques unes ... Mais l'essentiel était à présent autre : entretenir ce fil qui venait d'être renoué.

Naturellement devrais-je dire, elle a trouvé les mots et la façon de nous amener sur un terrain nouveau, un terrain que je n'aime pas tant que cela arpenter : les confidences du présent. Refaire l'histoire et raconter les histoires des uns et des autres a toujours été pratique et facile pour moi, j'ai une excellente mémoire et j'adore faire diversion en divertissant l'attention. Mais là voilà, les questions étaient précises et je n'ai pas eu envie de m'échapper cette fois.

Depuis combien de temps j'étais avec Zolimari, comment je l'avais rencontré, où je vivais, ce que j'avais avec lui, et pourquoi pas des enfants et mes parents ... tout y est passé et c'est vrai que ça m'a amusé de répondre à ces questions pas trop inédite mais auxquelles j'ai apporté une réponse exceptionnelle. Ce n'est pas que j'avais envie ou besoin de me confier, pas du tout même mais voilà, j'avais envie de donner à cette petite cousine ce qu'elle me demandait parce que je suis serein et en confiance. Du coup, j'ai moi aussi posé plein de question pour comprendre où elle en était.

Et elle m'a raconté sa vie, montré des photos de sa maison, de son mari, de ses enfants ... elle m'a expliqué son parcours amoureux, ses envies artistiques, son choix de vie. J'ai même pris la liberté de l'interroger sur un sujet délicat pour elle : sa mère [qui se trouve donc être ma cousine]. J'ai compris que les realtions étaient difficiles, je n'avais jamais pensé qu'elles aient pu l'être mais on ne sait jamais tant qu'on ne vit pas avec les gens.

Cet exercice de carte sur table a permis de maintenir ce lien, de l'enrichir même puisque nous en sommes arrivés à nous confier des angoisses quotidiennes, des difficultés et même des douleurs très contemporaines et j'ai trouvé très touchant qu'elle m'écrive pour me tenir au courant d'un grave événement la touchant très directement. Difficile de trouver les mots et pourtant, j'ai essayé et j'ai voulu faire en sorte d'être ce regard extérieur que je sais si bien être quand tout est compliqué et que plus rien ne permet de réfléchir tant les douleurs troublent le sens commun [qui n'a d'ailleurs pas vocation à prévaloir tout le temps].

Ma petite cousine passe les épreuves, m'a félicité pour ma philosophie de vie basée sur beaucoup de recul sur beaucoup de choses ... il parait que je suis un garçon sage. On a trouvé le rythme, on s'écrit moins que tous les jours mais je m'astreins à lui faire un petit message toutes les semaines, parce que j'ai envie de continuer à discuter avec elle, d'entretenir ce que j'ai failli perdre et que cette bouteille à la mer m'a permis de récupérer de façon inattendue. 

Dans la vie, il y a des chances qu'il faut saisir et des opportunités qu'il ne faut pas gâcher. Je suis un opportuniste revendiqué pour cela. L'avenir nous appartient et j'entends, comme elle [qui nous lit toutes les semaines, puisqu'elle sait que je parle d'elle], que nos chemins ne s'éloignent plus comme ils ont pu avoir l'idée saugrenue de le faire par le passé !

Tto, définitivement fidèle et heureux que certaines bouteilles reviennent