Duflop

Pour une fois, on peut dire qu'elle verte Cécile !

Ses ambitions, la nombrilisation du mouvement Europe Écologie Les Verts, sa quête d'alternative à François Hollande : tout a volé en éclat hier soir quand les résultats de la primaire de son mouvement [oui oui, EELV a réussi aussi à faire comme les grands : une primaire alors que les rangs des adhérents ressemblent à des champs de marguerite passés au napalm du sectarisme calculé de l'ancienne ministre] sont tombés. Et on peut le dire : il n'y a pas que les résultats qui sont tombés, Cécile aussi et de haut !

Troisième de la primaire ayant vocation à désigner le candidat à l'élection présidentielle de 2017, la gifle est à l'image de celle qui avait été administrée à Ségolène Royal en 2011 quand François Hollande était sorti vainqueur du premier tour.

Décidément, les écolos ne me décevront jamais. Presque pires que les Républicains à s'entre-déchirer, encore plus illisibles que Jean-Luc Mélenchon sur tout un tas de sujets, opportunistes électoraux quand il le faut, pires stratèges qui soient, non vraiment les écolos ne me déçoivent pas et c'est Jean-Vincent Placé qui doit jubiler ce matin parce que la ligne à laquelle il s'était fermement opposé [comme Barbara Pompili et François de Rugy] est mise en miettes façon puzzle. Déjà, l'éviction de Nicolas Hulot en son temps m'avait convaincu que les écolos n'avaient pas vraiment de boussole mais là, le sacrifice de la leadeuse occulte du mouvement est spectaculaire et démontre, à qui le souhaiterait encore, que les primaires sont vraiment une connerie sans nom.

Au delà du sacrifice, ce premier résultat enseigne que le mouvement EELV se radicalise un peu plus vers une écologie politique anti-économique avec la victoire de Yannick Jadot, que le mouvement ne sait donc plus où il va [ce qui n'est pas un scoop, j'en conviens], que la stratégie définie avec Martine Aubry en 2011 est totalement invalidée et que le mouvement actuel consiste à balkaniser tous les partis politiques en lessivant ceux qui ont exercé le pouvoir de trop près.

Je ne te cache pas que l'avantage de ce résultat consiste aussi à nous débarasser de Caroline de Haas, pourfendeuse féministe décérébrée d'à peu près tout ce qui peut lui permettre de passer à la télé ou de jouer les Alain Minc d'un progressisme qui ne convainc qu'elle : sa lutte totale contre la Loi Travail a abouti à la promulgation du texte. Son rôle de directrice de campagne de Cécile Duflot a abouti à l'éviction de celle-ci au premier tour. Chapeau l'artiste ...

L'avantage aussi va consister à nous débarasser pour un temps de Cécile, avec sa logorhée exaspérante qui aligne les poncifs anti-Hollande [alors qu'elle a tant apprécié de goûter à la soupe] comme on enfile des nouilles à un collier pour la fête des mères : la claque est si violente que, sauf à continuer à vouloir se placer dans un jeu dont elle clame haut et fort qu'elle n'en fait pas partie, l'exfiltration pendant un temps parait indispensable. L'exemple Juppé fait école ... à moins que Mélenchon ne l'acceuille à bras ouverts pour féminiser un peu ses alentours. Si elle se mélenchonise, elle est foutue.

Ce premier acte des primaires, même s'il ne concerne qu'EELV avec toute la relativité que cela implique, enseigne également que les sondages qui donnaient Duflot en tête se sont gaufrés royalement [c'est Juppé qui doit être rassuré tiens, Hollande et Sarkozy doivent esquisser un léger sourire]. C'est d'ailleurs bien normal puisqu'on ne maîtrise pas le corps électoral [à plus forte raison s'agissant de primaires ouvertes] et à cet égard, François Fillon a bien raison d'expliquer que le rouleau compresseur des éditoriaux politiques ne s'appuyant que sur les seuls sondages est de nature à induire beaucoup de gens en erreur. On va avoir des surprises ...

Je ne pense pas que Cécile Duflop paye sa participation au gouvernement, pour utile que celle-ci ait été [ce qui reste encore à démontrer]. Elle est clairement comptable de ses ambitions personnelles, de la façon autocratique de conduire le mouvement EELV dans un fossé dont même Cohn-Bendit ne veut plus l'en sortir tant il est accablé par la stupidité crasse de celles et ceux qui le dirigent. Elle se voit présentée l'addition de manigances illisibles dont le summum a été l'entrée au gouvernement d'Emmnuelle Cosse, tellement incisive avec François Hollande encore quelques jours avant. L'ambition seulement personnelle qui se dégage de tout cela [c'est la touche de Haas ça] ne pouvait que mener à ce pathétique résultat qui va encore priver les écolos d'une candidature crédible et donc les ramener encore davantage dans les combines. Même Yannick Jadot disait ce matin qu'évidemment il n'avait pas vocation à incarner une réelle candidature pour l'élection présidentielle ! On croit rêver ... Duflot est parvenu à relguer les écolos au rang des Cheminade d'opérette qui mesurent la longueur de leurs kikis tous les cinq ans à l'occasion de l'élection présidentielle. Plus grave, elle a abouti à faire en sorte de torpiller tout espoir pour son camp, pour la Gauche puisque François Hollande aura besoin du score même minable d'EELV et donner cette impression de suicide collectif dont on avait déjà eu la saveur quand Nicolas Hulot avait été blackboulé.

Tto, envers et contre tout