2015 - PREMIERE FOIS

Mercredi soir, j'avais offert à Zolimari, qui l'aime tant bien qu'il s'en défende par pudeur, une soirée avec Céline Dion. D'abord rétif et parce que certains y étaient allé avant, il avait fini par accepter l'idée et avait choisi ses places que je lui avais offertes. C'est donc la raison pour laquelle nous fûmes englués dans une marée humaine à Bercy, celle de l'AccorHotels Arena [puisque c'est désormais le nom qui sied à l'endroit] et c'est ainsi que je suis allé voir pour la première fois de ma vie la fameuse diva québécoise dont le succès submerge le monde entier [en matière de dentier, on sait qu'elle en connait un rayon].

Alors ? J'ai survécu et bien qu'il faut avouer que je n'étais pas franchement convaincu ... moi, les chanteuses qui hystérisent les fans [je te rappelle que j'ai toujours un problème avec la fan-attitude, en dépit du fait que cela fasse dix ans que je vis avec un fan] au point que les gens en question perdent le sens commun, j'ai toujours un peu de mal. Mais bon, là il s'agissait de lui faire plaisir [tu sais, un peu comme quand je me tape un Eurostar en fin de journée pour aller voir un concert de deux heures au fin fond de la banlieue de Londres dans une église paumée ... et ainsi aller voir une chanteuse australienne] et c'est à cela que je constate que je l'aime vraiment parce que c'est le seul pour qui je fais ça.

Donc ... mercredi soir, rendez-vous avec la diva qui occupe la scène depuis les années 90 ...
Faut dire ce qui est : c'était plein et elle a réussi à remplir sans trop de mal Bercy sur tant de dates que cela donne des leçons aux autres. Et quand je te dis que c'était plein, c'était PLEIN.

Et comme prévu, on a le droit au fan sensible qui a bien plus de bouffées de chaleur qu'une femme en pleine ménopause. On a aussi les femmes ménopausées qui viennent reprendre un soupçon de sensations passées de quand elles s'étaient identifées aux mesures de "Pour que tu m'aimes encore". On a les teenagers qui voient en la future quinquagénaire une voie à suivre parce qu'elle est "tellement merveilleuse" [comme l'ont dit les deux petites jeunes devant moi, accompagnées de leur maman]. Des vieux oui, mais aussi des jeunes ... un zeste de gay-pride ... et tout cela était aussi excité qu'un footeux à deux minutes d'une finale de l'Euro de football que va disputer son équipe nationale préférée ... c'est te donner une idée assez juste du truc ...

Oui mais bon ... C'est le jeu et finalement est-ce que je m'attendais à autre chose ? Bah non sauf que j'ai même été agréablement supris parce que j'avais anticipé de retrouver des demeurés que l'on peut croiser dans les concerts de Mylène Farmer qui simulent une crise d'épilepsie dès que l'artiste fait un pas de danse poussif qui va l'essoufler pour 90 secondes ... C'était vaguement hystérique mais pas trop. Et finalement, ça a rendu la chose agréable. J'ose même le mot lecteur de mon coeur : ce concert était agréable.

Alors bon, si tu détestes les ritournelles à la Goldman, les chanteuses qui chantent en faisant exprès des arpèges inutiles, les violons livrés par paquets de 35, les moments de parlotte faussement improvisés [puisqu'elle dit, au mot près, toujours la même chose au même moment ... ça rassure les fans de Farmer] et en général les gros shows à l'américaine, évidemment il faut passer ton chemin parce qu'il y a tout ça. Elle a même le divin plaisir de chanter encore plus en fond de glotte, elle accentue son tic de chanter la bouche de travers et bouge autant que Barbra Streisand. Et pourtant, malgré cela ... c'est hyper digeste.

Le son est très mesuré au début [ça empire à la fin où l'ingénieur du son doit se réveiller toujours à peu près au même moment], la scénographie est assez jolie même si elle ne repose finalement que sur des écrans vidéos et une plateforme descendante et la set-list est assez logique : quelques chansons en anglais, quelques reprises mais sinon, on se ballade dans les albums francophones. Forcément, René est présent du début à la fin et le fameux "Avec les enfants, nous allons bien" chavire tout Bercy.

En revanche, si tu espérais des tenues improbables, c'est raté. Des effets spéciaux déments ? Aussi ... mais c'est propre. C'est cadré à la seconde près, la fausse improvisation des chamallows au coin du feu est un peu inutile mais sinon, tu te laisses facilement emporter.
Attention : ce n'est pas le concert de la décénie ni même de l'année [enfin j'espère ...] mais c'est de bonne facture et pour le rétif que je suis, c'était agréable.

Donc voilà, je suis dépucelé de Céline Dion !

Tto, qui l'a fait