Musics of my life

S'il y a bien un jour où il faut dégainer un billet sur les musiques de ma vie, c'est aujourd'hui où tout le monde va se sentir obligé de faire un vacarme pas possible et même s'autoriser à se proclamer "grand artiste" en faisant des reprises lamentables de titres plus ou moins branchouilles démontrant, par là même, que l'imagination n'est pas au pouvoir mais dans le bureau du programmateur de Radio France qui les inspire. C'est d'un triste ...

Mais bon, on ne va pas exiger l'impossible non plus ...

Fête de la musique donc ce soir ...
Très bien : moi, j'ai plusieurs nuits à récupérer, ça me fera des vacances pour mes oreilles de prince ...


 

J'avais 19 ans ... j'étais à la fac et je venais d'être happé par de beaux yeux. Ah ça oui, de bien beaux yeux !

C'est au son de ces mesures datant déjà de plusieurs années que l'idée a fait son chemin. Je n'avais pas perçu l'impact que ce mec pouvait provoquer. Gentil assurément, d'une taille comparable à la mienne, il avait un sourire ravageur. Fait exceptionnel et inédit encore à ce jour, il était blond. Coiffé en brosse avec aussi de jolies billes bleues qui pétillaient, c'est tout con mais je suis tombé sous la foudre de son charme.

Au rythme de la ritournelle suédoise, je me laissais porter par le songe de nuits d'été et d'autres semaines. Je ne sais pas ce qui, dans cette chanson m'avait fait penser à lui. Je pense surtout que c'est en l'écoutant qu'au même moment, j'avais pensé très fort à lui et voilà, les voilà indissolublement liés l'un à l'autre. Oh ne te méprends pas ... tout cela est resté très platonique et je n'ai jamais su décoder le faux du vrai dans les railleries qui lui étaient adressées sur son côté chochotte ou le fait que de gros beaufs aimaient le faire rougir à lui dire qu'ils allaient le serrer contre le mur puisqu'il aimerait ça.

Je m'étais retrouvé un soir, dans une réunion d'étudiants où il était arrivé en retard. J'avais succombé à son look, son odeur et tout le reste. Hélas, je n'ai rien fait.
Je n'ai rien fait non plus lorsque nous nous étions retrouvés dans un couloir de la fac à discuter pendant 3 heures. Oui, trois heures ... il n'avait rien à faire, moi non plus et j'avais passé mon temps à l'observer, scruter chaque relief de ses lèvres ... il m'avait chambré sur ma casquette qu'il avait pris soin de remettre exactement comme il l'aimait [je n'ai jamais changé cette façon de faire depuis].

Au son des notes d'Abba, je me souviens parfaitement de lui, de nos rapprochements pudiques ... Oui, trop pudiques puisque lui comme moi n'avons jamais bougé plus que ça l'un vers l'autre. Était-il basiquement hétéro et m'inscrivait-il dans une relation de pote ? Je l'ignore ... je l'ignorerai toujours.

Un soir, je l'ai croisé dans Paris, au bras d'une fille. J'ai fait quelques recherches comme je sais si bien faire et je me suis aperçu qu'il était marié ce Gaël !
A chaque fois que j'entends cette chanson d'Abba, je pense à lui ... il a été mon premier grand coup de coeur. J'ai imaginé tellement de choses avec lui que ce ne serait pas raisonnable que je t'en parle davantage. Pourtant, il était blond ...

Tto, plein de souvenirs musicaux