premiers mots

L'occasion du premier contact confirme toujours cette règle que l'on me donna un jour : on n'a pas deux fois l'occasion de faire une bonne première impression.
De là à dire que tout se joue dès les premiers mots, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai qu'à moitié. Pourquoi tant de nuances ? Viens, je t'emmène.

Je me suis fait la réflexion hier à l'occasion de l'amorce d'un dialogue avec un inconnu qui ne le restera pas longtemps. Les premiers mots sont capitaux et l'ambiance que l'on installe est déterminante. C'est une évidence et je fais partie des gens qui ont du mal à se départir de cette tenace impression. Cela fait en sorte que si le premier contact est agréable, soyeux et fluide, c'est l'autoroute pour la suite. En revanche, si l'incompréhension se fait jour très rapidement, il y a fort à parier que cela dure.

Oui, je crois vraiment que les premiers instants déterminent tout ... c'est encore plus vrai s'agissant d'une rencontre physique. Tout le monde l'a ressenti dans sa vie de tous les jours, au boulot ou dans une soirée : le contact passe ou ne passe pas, la distance existe ou pas, la complicité est instinctive ou n'existera jamais même avec des efforts qui seront tous artificieux. Terrible non ? Oui et non parce qu'on ne peut pas plaire à tout le monde.

Naguère, les premiers contacts que j'avais avec autrui étaient soit très axés sur une séduction confusante [oui, je pense que l'on se dévoile beaucoup dans le jeu de la séduction et j'affectionne particulièrement d'avoir accès à cette partie des personnages], soit très concentrés sur une distance glacée comme pour tester la motivation de venir vers moi, comme pour me démontrer que j'avais cet intérêt déclaré. Avec le temps, j'ai saisi que l'une et l'autre avaient les inconvénients de leurs avantages.

Le glaçon est très protecteur mais il fige aussi les ambitions et filtre finalement beaucoup trop. C'est ainsi que viennent les plus téméraires et je doute qu'il s'agisse des plus intéressants. En plus, cela fait en sorte que l'on affiche, au prix de cet éloignement entretenu, un message que certains interprètent comme un manque de confiance en soi ... ce qui n'est pas nécessairement le meilleur signal à envoyer.

La séduction, je l'ai beaucoup utilisée ici notamment ou sur les réseaux dits sociaux. C'est un jeu, on allume, on se chauffe et ça finit toujours mal. Il faut dire que je suis passé expert dans l'art de l'allumage et je n'aurais pas assez de place sur mes murs pour collectionner les trophées ainsi remportés. Quelle belle victoire tiens ... Parce qu'en définitive, cela vrille tout dans la mesure où il ne s'agit que d'un jeu et qu'en face, ma persuasion est prise au sérieux au bout d'un moment [oui, je n'hésite pas ... je suis un joueur qui s'autorise tout]. Même, c'est moi qui me suis perdu parfois. 

Le hic, c'est que je suis un garçon profondément fidèle et attaché aux principes de cette fidélité dans ma vie amoureuse en sorte qu'il y a aura toujours une limite que je ne franchirai pas. Lorsque j'étais dans une configuration amoureuse plus libre, je ne me privais pas et là, je te confirme que j'étais déchaîné à telle enseigne que certains disaient de moi que j'étais un prédateur de la pire espèce. Cela étant, je me souviens de débuts de discussion épatants et flamboyants.
Désormais, je suis davantage sur la réserve et ce n'est pas tant une contrainte : il est des jeux dont on se lasse nonobstant le fait que chaque joueur est différent, les figures de style restent assez classiques.

En réalité, aujourd'hui, les premiers contacts sont toujours amusants mais je dissipe l'ambiguïté très vite. Oui parce qu'il y a toujours une ambiguïté de départ, ce d'autant plus que j'adore nouer le lien avec des esprits fertiles qui aiment s'amuser avec les mots et le style. N'étant pas avare de l'exercice, on peut même considérer que je me damnerai pour un jeu de mots ou une tournure à sens multiples. Dès lors, il devient impérieux d'expliquer rapidement les règles du jeu auquel je joue, quitte à devoir perdre ledit contact qui aurait été plus clairement branché par un plan drague qu'une conversation amusée.

Rien n'est fatal et, à l'expérience, je me rends compte qu'il n'y a pas besoin de se vautrer dans les faux-semblants d'une séduction sexualisée avec exacerbement pour conserver le contact. Bien sur, c'est a priori plus simple de dialoguer avec un garçon sensible et lui parler comme sur un site de rencontres pour poursuivre le dialogue. Néanmoins viendra toujours le moment où la question du passage à l'acte se posera et c'est là que je serai décevant parce que mes limites s'opposeront à toute poursuite, me faisant passer pour un mythomane ou un enfoiré. D'où l'intérêt d'expliquer très tôt que je ne suis pas seul et que je suis fidèle.

Et d'ailleurs, c'est assez entendu parce qu'avec le soutien de cet endroit, je suis devenu quelqu'un dont les pratiques sont identifiées et finalement connues. Zolimari y voit le fait que cela constituerait un défi supplémentaire que d'avoir à me détourner de ces principes, moi j'y vois une franchise dénuée d'ambiguïté.
Et puis ... la preuve en est encore récemment : pourquoi se priver de contacts intéressants, jubilatoires intellectuellement, si tout est si clair ?

J'ai un énorme défaut : je suis très curieux des gens, de leur vie, de leurs histoires et de leur personnalité. C'est d'autant plus vrai que je réserve à quelques-uns un questionnaire affreusement précis pour mieux les cerner ... je les passe à la question, dans tous les sens du terme.

Tto, sacré morceau sensible à la première impression