2014 - REQUISITOIRE

#Closer n'en est plus à cela, mais 2014 sera espérons-le le chant du cygne pour Laurence Pieau et sa publication inconséquente. Ah ça, elle a fait fort la madone des scoops, la Savonarole du secret qui décide dans son petit bureau sur qui elle jettera la vindcite de la révélation ! En 2014, François Hollande aura essuyé les bonheurs de l'exercice et l'année s'achève sur Florian Philippot.

Ah la belle affaire que de ridiculiser le Président de la République qui a, comme tant de ceux qui se sont moqués de lui, une histoire clandestine. Ah mais attention ... il est Président de la République !!! C'est vrai que le peuple est probablement fondé à pouvoir exiger une dévotion de tous les instants quand lui-même est d'une fidélité aux hommes et aux idées assez aléatoire. Laurence Pieau s'en persuade puisqu'elle se persuade être autorisée à révéler l'affaire, au mépris d'intérêts qui la dépasse [faut dire qu'elle n'est pas bien grande, tant dans l'esprit que physiquement]. Que n'a-t-on pas rigolé à gorge déployée même dans les rangs du FN où toute affaire qui affaiblit les institutions est bonne à prendre pour ridiculiser et hurler à la déliquescence de l'Etat ...

Sauf que voilà, Madame Pieau a décidé de taper tous azimuts et embroche en cette fin d'année le vide-Président du Front National ... Et cette fois, elle ne fait pas que révéler une histoire de coucheries ... elle révèle à tous qu'il est homosexuel et le présente comme tel avec son compagnon. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on est proche du triple combo, avec quinte flush royale ! Oui mais ... où est le sens de l'honneur dans l'affaire Philippot comme dans l'affaire Hollande ? Où est le tact, comme s'interrogeait Romy Schneider en 1982 à propos de la presse à scandales ?

Sous couvert d'oeuvrer pour que l'homophobie cesse [puisque c'est ainsi que la patronne de Closer justifie, piteusement et de façon factice, ses agissements], Laurence Pieau, qui est passée par Voici, Public et France Dimanche [que du beau linge], se fait la grande justicière, celle qui décide ... celle qui considère que révéler que tel ou tel est homosexuel sert une cause dont on ignore bien en quoi elle la concerne ... En quoi peut-elle se sentir autorisée à agir ainsi, à décider si Monsieur Philippot [qui n'a pas défilé dans les Manifs pour Tous, sauf erreur] doit cette franchise à ses militants ? C'est la pétition de principe du journaliste, qui se croit investi d'une mission quasi divine d'avoir à imposer ses valeurs parce qu'il est récipiendaire d'une parcelle de liberté d'expression ... Oui, le journaleux aime faire ton bonheur quitte à ce que ce soit contre toi-même ... tant qu'il vend son torche-cul de journal qui lui sert de tribune. Laurence Pieau, c'est pareil ...

Moi, je refuse que l'on impose à quelqu'un de faire état de sa vie privée, de ses préférences sexuelles même s'il est connu. L'articel 9 du code civil érige en principe le respect de la vie privée, respect que Madame Pieau sera la première à brandir pour éviter qu'on aille fouiner un peu trop dans ses poubelles [pourtant on devrait pouvoir y trouver des choses amusantes]. Si Florian Philippot [dont on peut difficilement considérer qu'il pourrait être un sujet de mansuétude pour moi] a choisi de ne pas faire état de son homosexualité, c'est son droit le plus strict et le savoir ne change finalement rien à l'analyse que l'on peut porter sur le personnage politique qu'il est. Dire que Philippot est homosexuel apprend quoi de plus sur le Front National ? Rien ... Ça démontre quoi sur l'homophobie ? Rien ... Quel est le message ? Qu'au FN on peut être gay ? Merci du renseignement quand on envisage, depuis le début, le nombre de responsables qui présentaient cette caractéristique ...
Voilà, en gros c'est purement stérile.

Au surplus, et le pire, c'est que les révélations de Closer ne sont pas nocives seulement pour Philippot. Elles le sont finalement pour le compagnon de Florian Philippot, qui se trouve être exposé dans sa vie privée sans n'avoir rien demandé d'autre que de vouloir conserver une certaine discrétion au sujet de sa vie sexuelle et du compagnon qui est le sien. Parce qu'enfin, doit-on forcément faire état publiquement de la personne avec laquelle on partage sa vie ? Pourquoi Madame Pieau ne s'applique pas à elle-même le principe d'une telle transparence ? Moi, je trouve choquant que le compagnon de Florian Philippot soit jeté aux chiens et que l'on révèle non pas forcément qu'il est gay mais qu'il vit avec un leader d'un parti d'extrême droite dont il aurait adopté les idées. C'est d'ailleurs ce qu'il explique dans une tribune ...

Ce qui est un problème, madame Pieau, c’est qu’en m’utilisant pour illustrer l’homosexualité de monsieur Philippot, à grands coups de mains qui se chevauchent par jeu de perspectives, vous saviez que je serais victime collatérale. Victime non pas d’outing, mais d’amalgames que vous initiez.

En me présentant comme le petit ami du vice-président du Front national, il apparaissait évident que mes sensibilités politiques seraient associées avec celles de ce parti. Ce n’est pas le cas, et vous le saviez.

Quant à l’anonymat que vous m’avez offert, pour des raisons, je l’imagine, bien plus juridiques qu’altruistes, il est tout relatif. Et cela découle autant de la qualité des flous que de la nature même du corps de métier dans lequel j’évolue. Ça encore, vous le saviez.

Dès lors, il apparaissait inévitable que je sois la cible de menaces de mort, d’une chasse à l’homme venant s’ajouter à la violence de cette exposition. Et que mon image soit marquée de façon indélébile au sein de ma profession. Vous deviez savoir cela également.

Voilà donc où l'on en est à la fin de l'année 2014. Laurence Pieau décide, publie avec une cécité qui le dispute à la bêtise profonde de l'inconséquence. Après avoir ruiné des images et des symboles républicains, elle déverse son torrent immonde sur deux hommes dont l'un n'avait pas nécessairement à être forcé de dire ce qu'il vit, et l'autre d'avoir à être amalgamé à raison du fait qu'il vit avec un leader d'un parti dont il n'épouse pas les thèses. Il poursuit ...

Vous m’avez presque ému sur Europe 1, à justifier votre article en invoquant l’égalité entre les couples, quelle que soit leur orientation sexuelle. Il était beau de voir une parole militante sortir de votre bouche, après avoir ébranlé de façon durable la vie d’un « défenseur des droits des homosexuels », et ce, en toute connaissance de cause. En quelque sorte, cela revient à tirer à la carabine sur un militant pacifiste pour ensuite clamer :

« Il faut lutter contre les armes à feu, voici la preuve qu’elles sont dangereuses. »

J’ai du mal à percevoir la vertu dans ce geste. C’est un sort que je ne souhaiterais à personne. Encore moins à un confrère. Encore moins à un jeune qui débute. La réponse se trouvait peut-être là : comme je n’étais rien, peu importe si je retournais à la poussière.

Avant de retourner dans l’anonymat auquel j’aspire, j’ai une dernière chose à vous dire. La vie personnelle stable et rangée dont je bénéficie m’est indispensable pour surmonter une épreuve aussi lourde. Il vous faudra sans doute un suicide pour que vous compreniez. Par chance pour vous, ça ne sera pas le mien.

Et comment le comprendre ... Comment est-il encore possible d'essayer de maquiller le pur mercantilisme par de spécieux équilibrismes en voulant faire accroire que l'on lutterait contre l'homophobie en usant de la sorte ... Si vraiment c'était le cas, que tremblent ceux qui se cachent encore et qui ont vomi leurs postures bien propretes à l'attention de leurs électeurs alors qu'en cachette ils s'en donnent à coeur joie ... oui qu'ils tremblent parce qu'au nom des valeurs qu'elle ne représente pas [la seule dont elle a le souci étant celle du cours en bourse de son actionnaire italien], Laurence Pieau va tout déballer quitte à ce que cela fasse des dégâts : elle s'en fout comme de sa première chemise trop cintrée, l'individu lui est de bien peu de considération. La posture en revanche est primordiale ...

Tto, savoure d'avance la prochaine descente aux enfers de Laurence Pieau