Diapositive8Dans toutes les familles, il y a des histoires de ce genre ... la mienne ne fait pas exception à la règle et l'histoire en question concerne une bague.

Sur son lit de mort, mon arrière grand-mère [tant maternelle que paternelle ... c'est une curiosité de mon arbre généalogique] l'aurait retiré au doigt de sa fille morte en couche en 1919, puis l'aurait transmise à sa fille, eue d'un second mariage en lui précisant qu'elle était envoûtée. Sentant son trépas arriver, la mère de mon père l'aurait confiée à ma mère avec la charge de la purifier sinon, lui dit-elle, elle causera encore de grands malheurs.

Dieu sait que ma mère est perméable à ce genre d'histoires et pourtant, elle n'en fit rien dans l'immédiat ... la bague [dont elle refusa toujours de me montrer l'aspect] resta enfouie dans du papier journal au fond d'un coffre à bijoux avec les autres reliques de ma grand-mère.
Les épreuves furent pourtant nombreuses ... jusqu'au jour où mes parents décidèrent de vendre leur maison à Chatou. Rien n'y faisait ... tout ce qui ne pouvait plus capoter échouait quand même.

Un mercredi, ma mère appela sa soeur et fut résolue à solutionner ce problème de bague qui traînait. Toutes deux prirent le métro et décidèrent d'aller vendre cette bague dont il devenait urgent de se séparer compte tenu de l'obsession qu'elle représentait à présent, ma mère la rendant responsable de tout ce qui ne fonctionnait plus.

Elles allèrent d'abord voir une personne qui leur avait été indiquée ... une sorte d'exorciste dans un lieu lugubre tel un décor de cinéma à l'écouter. A l'examen, il lui aurait dit que la bague était porteuse de malheurs, de mort et que celui/celle qui lui avait donné ne l'aimait pas et lui voulait beaucoup de mal. Ces paroles déstabilisèrent énormément ma mère. Il fut largement conseillé de s'en débarrasser au plus tôt ... confirmant ainsi les plans de ma mère et de sa soeur.

Elles firent alors tous les marchands possibles et imaginables ... Cette bague était sertie d'une pierre de bonne facture mais tous refusèrent de la prendre, aucune offre ne fut émise pour la reprendre. Elles marchèrent et déambulèrent chez tous les marchands susceptibles de pouvoir la récupérer, toute la journée ... sans aucun espoir.

Alors que l'après-midi était bien avancée, ma mère par dépit se demanda si elles n'allaient pas la balancer à la Seine ou sur la voie du métro histoire de ne plus jamais en entendre parler. C'est alors que l'une d'elles se reprit et se dit que ce n'était pas très responsable de permettre à quelqu'un de récupérer un bijou dont la charge était si importante, un bijou dont l'exorciste avait senti tout le poids rien qu'en voyant paraître ma mère et sa soeur alors que le bijou était calfeutré dans du papier journal. Quel service ce serait que de donner un fardeau ! Elles abandonnèrent cette solution de facilité et se retrouvèrent finalement au même point qu'en arrivant à Paris le matin même.

Mais ... il était clair qu'elles ne repartiraient pas avec ... il fallait trouver une solution et vite !
Alors ... elles décidèrent de s'en débarrasser en entrant dans la première église venue, la déposer dans le tronc de celle-ci.

Quelques minutes plus tard, ma mère se sépara de cette bague aux pouvoirs trop encombrants. En sortant, elle avisa de savoir de quelle église il s'agissait ... elle était au 27 rue François Bonvin dans le XVème arrondissement de Paris. Il s'agissait de l'Eglise Sainte Rita ... la patronne des désespérés et l'avocate des causes perdues.
Plusieurs jours après, la maison de mes parents était vendue ...