Mylène-farmer Timeless 2013

Dans la vie du pédé parisien [et pas que] de base, il y a plusieurs rendez-vous quasi-imposés et incontournables. Au rang de ces "must", on dénombre souvent les tweetapéros avec THE twittos qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie, le show-case d'Ysa Ferrer dans une Fnac miteuse, les soldes privées chez Fred Perry, l'émeute frénétique qui précède la sortie de l'autobio de Cher [en forme de boite de conserve], la gay-pride, l'hystérie collective de la nouvelle collection H&M dessinée par Kylie Minogue [si tu ne prononces pas "Kaïïïïliiiiiiiiiiiii", t'es trop has been irrécupérable] et ... et ... le concert de Mylène Farmer. Autant j'évite tous les autres, mais le dernier j'avoue y sacrifier régulièrement et notamment samedi soir dernier ...

Oui, je me dispense toujours autant de défiler sur les chars effrayants de la gay-pride parce que je sais que je vais me taper, dans l'année, un concert qui équivaudra exactement ! Point d'enLady Gaga cette année ou encore de Kylie ou autre Madonna, cette année c'était Mylène Farmer qui remettait ça à Bercy avant de partir en tournée tout partout en France [puisqu'il n'y a pas de raison qu'il n'y ait que les seuls parisiens à qui l'on inflige ça !].

Je ne vais pas passer mon temps à te parler de la faune que l'on croise dans un tel concert mais le fait est qu'un thésard en sociologie y trouverait matière à faire 14 thèses simultanées tant les sujets se bousculent rien qu'en observant ... Donc oui, c'est un mélange savoureux de gay-pride, d'after-school NRJisante et de public un peu senior dont on se demande bien ce qu'ils font là quand même [il parait même qu'on y trouve des poiscailles en chemise alors qu'il pleut partout dehors] ... Non, ne parlons pas de la salle mais parlons plutôt de la scène juste histoire de que je te dise ce que j'en ai pensé cette fois-ci ...

Le fait est que c'est moins naze que la dernière tournée qui avait crevé le plancher de ce que l'on redoutait de voir un jour s'agissant de la mère Farmer. Cette fois-ci, pas de fil conducteur ou de mise en scène allégorique à la mord-moi-le-noeud [m'enfin, pas en public comme ça, y a beaucoup trop de monde !!!], l'ambiance est toujours aussi futuriste des espérant, technologiquement froid, géométriquement infinie. Welcome in the future mais n'oublie pas tes anti-dépresseurs. Cela étant, c'est clean et très joli comme quand on regardait les premières images de synthèse qui faisaient apparaître des galaxies imaginaires dont on se disait bien qu'elles n'auraient pas de fin. Bah là, pareil ... mais avec des jeux de lumière toujours aussi impeccables [la vraie force du concert] qui plongent rapidement dans l'ambiance. Ah ça oui, de la lumière, il y en a à telle enseigne qu'à un moment, je me suis demandé si je ne m'étais pas trompé de spectacle et qu'en fait nous n'étions pas tous venus voir Jean-Michel Jarre et ses synthés.

Et la Mylène alors ? Bah ... il faut que je t'annonce quelque chose lecteur. Mylène mute. Les fans hystériques ne veulent pas se l'avouer mais c'est un fait : Mylène Farmer n'est plus vraiment celle que tu connaissais. Ils nous la changent insidieusement au point que samedi, c'était frappant de voir qu'elle ressemble de plus en plus à ça !

Farmer Avant maintenant

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Armande Altaï !!!! Mylène Farmer est en voie d'Armande-Altaïsation, c'est trop évident et manifeste !!! Rien que quelques secondes suffisent pour s'en rendre compte. Et si tu ne me crois pas, regarde [ci-contre] la belle photo que Matoo [l'irremplaçable Matoo] a publié sur ce concert dans son billet récapitulatif en images [on notera qu'il a bien aimé les danseurs Matoo ... on le note].

Abstraction faite de cette ressemblance très troublante, que dire du concert ? Que celui-ci s'apparente finalement plus à un récital ou un concert best-of puisque je n'ai identifié que 3 nouveaux titres du nouvel album, le reste de la set-list piochant généreusement dans les albums précédents [même si un Poussin me fait remarquer que certains titres de l'album précédent n'avaient jamais été exécutés en public].
Exécutés oui ... c'est un peu le cas de "Oui mais non" où j'ai cru que mes oreilles allaient décéder tant la chanteuse s'est vautrée lamentablement dans un chapelet de fausses notes aussi inaudibles qu'insupportables. Pourtant, ce n'est pas le titre le plus difficile ou celui dans lequel on n'entend pas de boite à rythme !!! Ne t'inquiète pas lecteur, des fausses notes il y en aura d'autres mais pas autant que chez Katy Perry ou des latinas. Non, sorti de cet incident vocal, l'ingénieur du son a rapidement pris les mesures qui s'imposaient : il a boosté la réverb' [qui a cet avantage de lisser tellement qu'on n'entend plus beaucoup de défauts] et il a balancé les bandes de secours sur lesquelles Mylène Farmer en est arrivée à chanter un peu sur elle-même. Mais au moins, elle a chanté en direct elle.

Au niveau chorégraphie, je t'annonce qu'elle ne bouge pratiquement plus que les bras [un peu comme Etienne Daho] et qu'elle fait comme chez Renault : la production est assurée par des robots [qui dansent en éprouvant tous leurs verrins].

Tu me trouves critique ? C'est possible mais ne te trompe pas, je n'ai pas détesté ce concert. Il était même plutôt agréable et plus agréable que le précédent où on entendait Farmer essoufflée tellement elle ne suivait plus au niveau chorégraphies. Là, cette fois-ci, elle s'est économisée physiquement, elle a souri et ô surprise, elle a écrasé des larmes dis donc. C'est un peu son triple axel à elle, un concert où elle ne pleure pas, ça ne va pas ... y a même un moment où j'ai cru remarquer qu'elle se forçait pas mal pour la sortir cette larmichette ... Mylène, le jus de citron, c'est vachement plus simple !!!

On a eu droit aussi à des "magnifiques" en rafale [Cristina Cordula, sors de Mylène Farmer ... ou alors relooke là, rends toi utile !!!], des "je vous aime" convenus et un voyage en plate-forme so 1995. Bref voila ...
Donc oui, les titres sont efficaces et soulèvent toujours autant la salle [Bercy étant particulièrement calibré pour cela], oui le public est prêt à tout lui pardonner jusqu'à l'excès mais quand même ... Timeless 2013 un peu trop "less" à mon goût parce que :
- on aurait finalement vu le même concert il y a 5, 10 ou 15 ans
- mettre autant d'anciennes chansons face aux nouvelles fait en sorte que la comparaison est terrible pour la nouvelle production de Farmer dont on voit bien qu'elle sent le réchauffé et manque de souffle
- le prix des places permet aujourd'hui d'attendre autre chose qu'une play-list gold de Mylène Farmer.

Mais voila ... l'icone est à ce tel firmament [a tort ?] qu'on lui passe tout et qu'on accepte beaucoup par mansuétude parfois coupable ...
Au final, le concert reste dispensable mais aussi un bon moment qui remet dans la tête les incontournables. Mais au moins, j'ai fait mon rendez-vous gay de l'année !

Tto, oui mais non