J'ai raisonPour peu que tu m'aies, un jour, confié tes doutes ou tes peines et/ou que tu aies souhaité obtenir mon opinion sur une situation qui t'est personnelle [sur laquelle tu requiers généralement la discrétion], j'ai immanquablement dit "J'ai toujours raison" ... Certains prennent cela pour de la forfanterie, de l'ego surdimensionné ou un manque de modestie criant de vérité autant que cela est imbuvable.

Le fait est que même à ce sujet, j'ai toujours raison et aujourd'hui, en souhaitant un bon anniversaire à l'un de mes lecteurs ... je me suis rappelé que mon assurance s'est souvent heurtée à ses doutes, son fatalisme et même davantage. Et pourtant ... aujourd'hui, cela lui fait mal aux fesses de devoir le reconnaître, j'avais raison et même au delà de ce que je pensais moi-même.

C'est un fait : me parler de ses problèmes est souvent un apaisement mais ne me transforme pas pour autant en Mireille Dumas de bas-étage avide de confessions ... Je suis une tombe et je ne sers pas la soupe, tel est mon cruel état d'esprit qui fait que je pose souvent les bonnes questions, celles qui gênent et, tel un pitbull, je ne lâche pas ma proie quand je sais que j'ai tapé juste ... Aussi, sans me vanter, je crois qu'il est utile de me parler de ses problèmes, de ses doutes ou d'hésitations parce que je crois, sans connaître abondamment les gens en question, que je cerne rapidement les personnalités [y en a qu'un sur lequel je suis planté mais parce que la rouerie utilisée était assez perverse et impardonnable]. Je me sers donc de cet avantage certain pour, à la lumière de mon humble expérience de la vie nourrie des aventures des uns et des autres, pour dire et faire ce que je pense bon et juste.

S'agissant de celui qui fête aujourd'hui son anniversaire, que n'ai-je entendu qu'il ne trouverait jamais personne, que les mecs sont tous des cons, qu'il attendait trop et donc ne trouverait jamais et j'en passe ... Sauf que voila, s'agissant du garçon en question, j'ai toujours considéré que son seul problème c'était seulement son état d'esprit défaitiste et battu d'avance qui est, finalement, la pire carte de visite possible confortant l'état de mal-être. Oui ... j'ai perçu très vite son intelligence, ce zeste de perversité que j'aime bien, la vivacité de son esprit et son oeil implacable parfois même trop dur et j'en avais parlé ici. Oui, j'ai souvent tendu la main à ce lecteur [peut-être pas que la main d'ailleurs] parce que je garde en mémoire certains échanges où j'ai perçu une extrême sensibilité [et Dieu sait que j'aime les garçons sensibles], une logique séduisante et, comme me dirait Zolimari, "de toute façon il est brun".

C'est aussi pour cela qu'aujourd'hui, à la lumière de ce que je sais de sa vie [puisqu'il m'en parle un peu, certes moins qu'avant mais ce n'est pas grave], je suis content de pouvoir confirmer que l'axiome que je fais mien consistant à dire que j'ai toujours raison, avec son exemple. Dieu sait que l'on partait de loin, Dieu sait qu'il a tenu des propos crépusculaires, Dieu sait que j'ai du me battre mot à mot pour dissiper les ténèbres de son moral abyssal ... mais voila, quand je crois à quelque chose ou à quelqu'un, c'est plus fort que moi. En l'occurrence, je savais que cela viendrait. Pas forcément simplement, pas nécessairement de la façon la plus lisible qui soit mais voila ... j'avais la perception qu'un jour il trouverait un garçon avec lequel il tournerait la page d'histoires passées avortées au sujet desquelles il nourrissait une rancoeur et un fatalisme à toute épreuve. C'est toujours le problème d'histoires fortes lorsqu'elles sont intervenues tôt ... cependant, le passé ne préjudicie jamais de l'avenir. Il en doutait, il avait tort.
Donc oui, je suis heureux de le voir évoluer dans cette nouvelle histoire qui prend bonne forme, qui est d'une simplicité qui contraste tant avec son esprit d'habitude torturé et peu confiant. Je suis heureux de sentir sa quiétude, de voir céder les digues les unes après les autres ... Je suis heureux de connaître ça encore avec lui parce que je trouve cela touchant.

En fait, ce n'est pas la curiosité de savoir telle ou telle chose sur tel ou telle qui me plaît. Je me nourris beaucoup de ta vie lecteur, pour autant que tu m'ouvres la porte. Je me nourris de tes envies, de tes coups de coeur, de tes blues, de tes larmes, de tes désirs, de tes impatiences ... pas parce que je suis un affreux voyeur, parce que cela m'apprend à te connaître, à te suivre et à assister avec bienveillance à la réalisation de ce que je crois pour toi. Parfois, je suis déçu des réactions de certains qui me contraignent dans des échanges rudes [j'ai décidé d'en laisser tomber quelques uns dernièrement, parce que bon ... être toujours en demande ne me plait pas, tant pis pour eux], parfois je m'éloigne parce que l'interaction est difficile et que je préfère prendre de la distance avant que tout ne soit gâché. Mais pour ceux avec lesquels je peux être un appui, je suis encore et toujours là, plus ou moins en retrait, à l'écoute de ce qui va et de ce qui ne vas pas ... fidèle comme je sais l'être parce que la confiance qui m'est faite n'a pas de prix. Je m'enrichis de ces échanges et cela me permet de croire qu'il y a là des gens importants dans mon parcours et même potentiellement des amis. Ceux pour lesquels cette alchimie opère le savent : je suis là et ce que je pense d'eux, je leur ai dit ; ce que je perçois d'eux, je leur ai dit ; ce que j'aurais fait à leur place, ils l'ont déjà lu/entendu.
Pour ceux-là, j'ignore si je suis un confident, un grand frère ou quelque chose d'autre ... qu'importe. L'essentiel est que je sois là et je me félicite d'avoir pu, ici, aider ceux qui ont bien voulu que je les aide.

Cher lecteur qui t'est reconnu, je te souhaite un bon anniversaire.

Tto, qui avait envie de rappeler tout ça