keep-calm-and-get-married-736C'est donc aujourd'hui que le premier mariage entre hommes sera célébré en France, avec toute la récente légalité qu'une telle cérémonie suppose désormais. Et c'est tant mieux, n'en déplaise à l'aigrie Boutin qui explique qu'elle est submergée par les gays mais aussi dans une interview subséquente que tout excès est en soi une erreur ! J'en reviens à ma conclusion initiale la concernant : elle est débile, sénile ou elles sont plusieurs à l'intérieur.

Qu'importe ... qu'importe aussi les fachos des Invalides [pas forcément que ceux qui se firent remarquer à partir de 20h puisqu'avant, il y avait aussi une belle brochette] croient encore à la diarrhée verbale qu'ils vomissent à longueur de temps devant des micros complaisants en arguant d'une anti-normalité, d'un péril pour les jeunes enfants qui seront à coups surs sodomisés [!!!] ou que le déclin de la société est entamé à tel point que nous n'y survivrons pas sous dix ans. Depuis plusieurs mois, j'ai refusé de répondre davantage à ces inepties témoignant de l'inintelligence de ceux qui s'abritent derrière des "valeurs" [auto-proclamées "républicaines" même parfois] pour être plus fascistes que de grands démocrates italiens des années 30, pour refuser l'application de la loi régulièrement votée par le Parlement après un débat dont on ne peut considérer qu'il n'a pas eu lieu ou encore [plus grave] pour appeler à la désobéissance civile avec la plus totale irresponsabilité.

Que l'on soit pour ou contre [et je ne méconnais pas que chez certains homosexuels, l'adhésion n'est pas là], la question n'est plus là à partir du moment où l'on reconnaît l'Etat de droit. On peut faire preuve de sédition mais il faut l'assumer jusqu'au bout, avec toutes les conséquences que cela a notamment s'agissant de privation de certains droits civiques qui ne sauraient être utilisés contre la République qui les a consentis. La droite parlementaire a défilé ce dimanche pour récupérer un mouvement qui échappe à Frigide Barjot [qui ne contrôle même plus les fachos qu'elle a bien excités], un mouvement qui mélange tout dans un grand délire psychanalytique consternant. Monsieur Copé tente de prospérer sur des discours appelant à ne pas respecter la loi ... voila qui est lourd d'enseignement quant à la conception démocratique de ce mouvement politique. Que l'on soit pour ou contre une loi, la question n'est plus là lorsqu'elle est votée. Nier ce postulat, c'est se mettre en dehors de la sphère démocratique.

Qu'importe donc tout cela puisqu'aujourd'hui, deux hommes de Montpellier vont se marier, et suivront beaucoup d'autres jusqu'à ce que cela devienne banal comme il fut étrange de pacser deux garçons en 1999 pour que cela ne devienne affligeant de banalité par la suite [au point que ce sont aujourd'hui des hétérosexuels en majorité qui se pacsent]. Oui qu'importe puisque la France est enfin revenue à une certaine normalité [paradoxalement pour ceux qui abusent de cet argument] en autorisant et reconnaissant finalement le mariage pour tous et, ce faisant, la famille pour tous.

J'ai hâte que tout cela retombe dans une indifférence salvatrice ... J'ai hâte que l'on puisse disposer de la même quiétude lorsque l'on est deux garçons comme j'ai pu le ressentir à San Francisco ... Et, finalement, être là bas le jour où le texte fut voté en France m'a fait bien plaisir. Outre la classe évidente d'un tel état de fait [on est une star ou on ne l'est pas], voila qui a mis face à face deux réalités : celle de San F où la banalité de cette question est ahurissante [j'ai, au bout d'un moment, renoncé à compter tous les couples de garçons que je voyais marcher la main dans la main à San Francisco] et celle de la France, pays des droits de l'Homme, qui fait un pas de géant dans la douleur en votant l'évidence a fortiori lorsque la devise républicaine dispose "Liberté, Egalité, Fraternité".

Les gays s'embourgeoiseront donc dès aujourd'hui et Christine Boutin hurlera à l'envahissement de plus belle puisque ces anormaux viendront dénaturer son si beau mariage [dont elle a oublié qu'il est civil depuis 1905] ... elle qui a convolé avec son cousin germain.
Selon la formule consacrée, je souhaite beaucoup de bonheur aux époux et épouses !

Tto, mariable