30 janvierDes dates qui jalonnent une vie, il y en a parfois, quelques unes et, finalement, c'est toujours avec tes mains, que tu arrives à dénombrer celles qui demeurent les plus essentielles, le splus importantes ... les plus personnelles.

Je me remémore souvent le jour où j'ai eu mon permis [pas difficile, c'est marqué dessus], la première fois que j'ai couché, je suis même capable de te dire précisément quel jour je me suis branlé pour la première fois [un 15 juillet]. Je situe très bien les décès au sujet desquels je reste inconsollable ... Par choix, j'ai fait en sorte d'oublier des dates trop pénibles comme celles où mon père m'a et nous a laissé tomber [j'ai choisi de la rayer de ma mémoire] ...

Et puis ... il y a la date où je me suis pacsé [le plus symbolique engagement que je n'ai jamais pris jusqu'à présent], la date où nous avons acheté notre premier appartement, la date où il m'a demandé de vivre avec moi, la date où nous avons fait le choix ... et la date où je l'ai rencontré la première fois.

J'ai déjà eu l'occasion de raconter pas mal de choses à ce sujet [au point que tu vas finir par en avoir été spectateur ... sacré veinard] : le premier anniversaire en trois lignes, la première fois que j'ai la route pour le rejoindre et la première nuit.

Il y aurait encore plein d'autres choses à te raconter ... plein de phrases qui me restent dans la tête au sujet de cette première soirée, au sujet de ce plan qui n'en a pas été un [ce que j'ai compris dès les premières minutes]. Je me souviens de son ordinateur allumé, de son canapé sur lequel nous étions, de la musique qu'il voulu me faire découvrir, de son étonnement au sujet de certaines réflexions de ma part au sujet de son addiction aux violons, de notre discussion sur l'inconscient. Je me souviens de ses "Tu me destabilises ...", de ces "Tu es très rassurant", des comapraisons qu'il a pratiquement immédiatement fait au sujet de son ex Lionel qui, soi disant, parle comme moi et rassure comme moi ... Je me souviens de notre discussion sur son avenir professionnel et le niveau de salaire qu'il entendait demander le lendemain [il m'a demandé ma validation] ... Je me souviens qu'il a bu beaucoup d'eau, je me souviens que j'ai refusé une tisane ou un thé, je me souviens qu'il est allé trois fois aux toilettes. Je me souviens n'avoir pas vu l'heure passer et avoir été surpris de constater qu'il était plus de 2h30 du matin lorsqu'il dégraffa le premier bouton de mon jean. Je me souviens de son texto envoyé quand j'étais dans Versailles, texto qui me disait "Merci d'être venu me voir si vite. J'ai passé une merveilleuse soirée. J'espère te revoir très vite". Je me souviens du sourire niais qui fut le mien lorsque le lendemain j'ai reçu un nouveau texto de sa part et alorts que j'étais en réunion avec Michel Drucker ma collègue ... laquelle m'a grillé graaaave. Je me souviens de la position que nous avons adopté pour nous accoupler la première fois, c'est ma préferée [il me l'avait demandé deux jours avant]. Je me souviens de son étonnement au sujet de la taille des capotes que j'utilisais ["Prends des XXL, tu seras plus à l'aise" et il m'en tendit]. Je me souviens de lui, de la chaleur de son appartement, de ma place sur le coté droit du canapé [canapé qui a atterri chez mes parents, ironiquement]. Je me souviens du sentiment que j'ai eu très vite à son sujet ...

Oui ... Je me souviens de pratiquement tout au sujet de cette soirée, de ce 30 janvier 2007. J'aime souvent à me rapeller ce moment exquis où tu sais qu'il est entrain de se passer quelque chose, ce moment particulier où tu as face à toi quelqu'un que tu ne connais pas mais dont tu devines tout avec exactitude comme s'il y avait déjà quelque chose dont tu n'avais pas la parfaite mesure mais dont la découverte progressive te rassure bien plus qu'elle ne t'effraie. Je souhaite à tout le monde de ressentir cette charnière dont il est si particulier de saisir le mouvement au moment où celui-ci s'enclenche. Il y a six ans, c'est ce qui s'est passé ...

Nous avons souvent communiqué avec des chansons. Lui m'a fait la plus belle déclaration d'amour avec "Mon ange" de Nathalie Cardone, cette chanson dans laquelle on entend : Si tout est parfait comme je le pense, Tout ce que l'on a vécu toi et moi, Malgré les doutes et les médisances, Malgré la peur, malgré les souffrances, Je pense que l'on avait rendez-vous, Cette histoire va nous rendre fous, La magie a ses lois, avec toi, Je veux tout [...] Alors cet espace autour de moi, Ce vide, cette lumière, c'était donc toi, Je savais qu'un jour je finirais, A force d'y croire par te retrouver, Ma chance, c'est que t'es là devant moi, Et moi, cette fois je veux rester, Ne plus croire que si j'aime, On va m'abandonner ... J'ai pleuré lorsque ce samedi matin, il m'adressa cette chanson en me disant que c'était pour moi et que j'ai ouvert ce fichier "Message personnel.mp3" ... pleuré parce que voila, tout est là, tout [lui / nous] correspond, tout est dit : la synthèse est parfaite.

Tto, comme il y a six ans et peut-être même pire