le réquisitoireFuneste destin pour ce pays que vous n’ayez pas fait la brillante carrière de majorette que vous poursuiviez demoiselle ! Au moins, vous eûtes été une bateleuse plus à sa place et cela eût été couvert par les grosses caisses et le reste, noyée dans une masse qui aurait paradoxalement reposé nos oreilles.

Il en fut autrement pour la demoiselle Pucelle que vous auriez du être si votre père n’avait pas choisi de modifier son nom nous privant ainsi de rire grassement … enfin, davantage qu’avec votre imitateur préféré, Laurent Gerra dont j’ai lu que vous le trouviez « excellent » (c’est vrai qu’il n’est jamais vulgaire Laurent Gerra, y compris quand il parodie les Restos du Cœur en « restos du Cul »). Vous vous êtes cru un destin politique d’ampleur, même national !

Depuis plusieurs jours, rongée par l’ambition de ne pas passer la prochaine campagne au second voire dernier plan et jouer votre partition comme Rachida en 2007, vous occupez les ondes papiers et écrans tous azimuts en buzzant comme une dingue avec un nouveau joujou gazouillant, lançant des invectives à ceux qui railleraient votre dévotion pour Sarkozy que vous dites avoir « jusqu’aux globules ». 2012 sera Morano et tout le monde y passe, y compris la stature du ministre, y compris la hauteur gouvernementale en faisant entrer le langage de charretière comme une forme de rhétorique politique consacrant hélas ainsi le style léger et printanier de Jean-Marie Bigard.

Hélas oui, pour nous qui n’affectionnons pas de faire du karaoké sur des chansons de Barbelivien après avoir un peu bu ou nous qui rions encore (bien que moins) aux Guignols que vous exécrez parce qu’ils vous singent (à peine) au moyen d’une marionnette « moche, bête et ridée » selon vos propres termes. Au moins, nous aurons convergé une fois étant ici précisé que, moi, je lui reproche ed n’être que trop fidèle et pas assez caricaturale mais il parait qu’avec vous, la caricature est une véritable gageure tant vous rendez l’exercice inatteignable à force d’enfoncer les plafonds de l’insupportable sauf à s’imaginer en permanence sur un marché à vendre de la saucisse ou des pizzas à la béchamel (préparation qui vous fait rire et qui résume chez vous l’affaire DSK … tout en finesse). A propos des marionnettes en latex, vous avez tout de même osé dire « L'humour dénaturé à ce point décrédibilise le responsable politique. » ce qui ne manque pas de sel compte tenu de la crédibilité qui se dégage de chacune de vos interventions : même Jean-Jacques Bourdin ne s’amuse plus de vous coller sur les vérités péremptoires que vous assenez sans avoir pris le temps de travailler votre dossier sur la TVA (trop occupée à twitter ou lire la presse de caniveau pour y trouver ue invective ?), vous contentant de dérouler un argumentaire facile aux raccourcis aussi populistes qu’inexacts.

Si seulement, dans la chambre que vous occupez aujourd’hui, vous vous occupiez encore d’enfiler les perles plutôt que d’en faire à chaque prise de parole, le débat y gagnerait et vous ne m’inspireriez pas autant de déconsidération que l’autre blonde avec laquelle vous communiez dans le style outrancier : Marine Le Pen. Ah mais non … point d’amalgame possible : vous seriez le parangon de la République, adoubé de 25 ans de vie dans les cités … ça vous rend, selon vous, inattaquable. Et ça vous permet de hurler contre un photographe qui aura eu l'indélicatesse de vous saisir à votre désavantage [faut dire que ...]

Forcément, je m’amuse que Sophia Aram (critiquable par ailleurs) vous retourne votre image vulgaire et populacière que vous entendez, spécieusement et abusivement confondre avec une popularité artificieuse. Je me désole que vous vous targuiez d’excuses de Philippe Val, qui les dément ce qui ne permet pas d’exclure que vous ayez menti. Bel exemple républicain … Je m’afflige à lire vos tweets qui ressemblent plus à ceux d’une adolescente boutonneuse qui essayerait de se rendre intéressante. Hélas (encore), l’intérêt en question ne vaut pas pour votre message s’il existe mais pour vos oukases, vos gueulantes de poissonnière, vos mesquineries désolantes et vos arguments navrants de cour de récréation.

La pasionaria sarkozyste, comme on vous appelle, doit-elle être aveuglée par sa cause prétendue au point de mettre en cause Pierre Moscovici dans l’affaire du Carlton sur la base de ce que vous avez lu « dans la presse », la même sur laquelle vous vomissez lorsqu’elle s’intéresse à la campagne présidentielle de 1995 … Où est la constance, où est la cohérence, où est la dignité qui devrait prévaloir sur l’obsession de vous mettre en scène en jouant les déménageuses ou les boulangères de fin de repas de chasseur au nom de votre caractère « populaire » abusivement auto-proclamé.

Pour couronner le tout, vous feriez désormais presque passer Frédéric Lefebvre (avec lequel, à l’instar de Sophia Aram, vous pourriez monter un numéro au théâtre des Deux Ânes par exemple) pour un garçon pondéré et pas tant ahurissant. Lui au moins n’est pas infatué au point de répondre dernièrement « J'ai le sens de la formule et de la répartie. Je n'y peux rien, c'est inné. C'est quelque chose qui m'amuse, j'adore jouer avec les mots ». Si seulement vous puissiez être en accord avec le quart de la moitié du cinquième de la réalité … Vous confondez répartie et aboiements, sens de la formule et logorrhée partisane. Assez égoïstement, vous vous amusez mais nous, peu sinon pas du tout. Même Genevieve de Fontenay, experte en élevage et gavage de dindes décérébrées vous a qualifiée de "mégère" ...

Alors oui, Madame Morano … L’hygiène mentale impose de ne plus vous écouter faire votre petit numéro exaspérant ni vous conforter dans cette posture prétentieuse de donneuse de leçons arrogantes que d’autres de votre camp ne se risquent pas, avec lucidité, à adopter … La suffisance brandie de votre personnage, la vanité de vos propos à toute occasion et l’orgueil dont vous suintez ne convainc plus : cela épouvante et ne protège même plus vos amis du ridicule le plus navrant : pour preuve, vous n’hésitez même pas à dire à Libération que vous utiliseriez Twitter avec parcimonie pour partager quelques valeurs personnelles ! C’est dire si je me réjouis de ne pas les partager …