rentréele réquisitoireA une époque où Daniela Lumbroso sévit encore sur le petit écran, où Pierre Sled joue les fossoyeurs de France 3 en ne trouvant rien de mieux que de propulser le si has-been  Laurent Boyer [lequel réunit péniblement 500.000 téléspectateurs tous les midis] et où Fogiel fera son grand retour sur M6, puis-je encore m'étonner de ce que j'ai vu lundi soir ? A la réflexion, non et c'est bien l'objet de mon réquisitoire.

Lundi soir, la chaîne des bobos qui s'affirment branchés et vivent dans une autre galaxie a lancé, dans la simplicité qui la caractérise si bien, une nouvelle saison de son "grand journal", véritable émission cire-pompe de promotion qui fait passer Drucker pour un amateur sans avenir. Grosse nouveauté cette année, le "petit journal" est tellement génialement indigent crétin éculé performant sur la ménagère [ce qui permet de caser de la pub] qu'il fallait bien lui trouver une nouvelle place. C'est surtout que la chaîne du foot et du porno était prête à tout pour ne pas laisser partir [mais où ?] Yann Barthès, tout boursouflé d'une piètre notoriété se résumant à quelques buzz et de grosses ficelles qui s'éffilochent à force de trop tirer dessus.

Equipe Grand JournalLe grand sénéchal de la messe promotionnelle l'a mauvaise et pour la peine, un vide salutaire a été fait. Exit Tania Bruna-Rosso [auto-proclamée hype et tendance alors qu'elle n'a jamais cessé d'être à la remorque de ce qu'elle lisait deux heures avant l'antenne], bye-bye Ali Baddou [qui croit pondérer un propos en disant systématiquement "en l'occurrence" et qui va massacrer la mi-journée de la chaîne], vidée Charlotte Le Bon [qui fait sa Louise Bourgouin à vouloir jouer les actrices alors qu'elle n'est parvenue qu'à figurer la caricature appuyée d'une speakrine des années 50], basta Elise Chassaing [qui avait quand même l'outrecuidance de vouloir parler de cinéma sur la chaîne qui fait la pluie et le beau temps sur le 7ème art français]. Hélas ... le placide Denisot [insubmersible à toute émotion et aussi expressif qu'un plat de nouilles trop cuites] a cru nécessaire de continuer à nous infliger Aphatie et sa démagogie faussement étayée, Massenet totalement incapable d'exister après bientôt de douze années de potichat [et dont on comprend qu'elle ne s'éprouve pas davantage en regardant ses "prestations"], et Mouloud Achour déprimant de stupidité. Ajoute à cela une nouvelle miss météo belgo-russe aussi insipide que les précédentes et un philosopheux aussi puant de prétention qu'un concentré du café de Flore ... Voila, la marmelade frelatée dégoulinante que CANAL+ entend servir encore cette année ... Je n'ai pas pu tenir au delà de la première heure d'émission ... juste le temps de trouver l'énergie nécessaire pour m'envoyer le fameux "petit journal", désormais isolé du reste de l'émission et avec sa production propre [dont une partie est assumée par Barthès lui-même] ...

Et c'est ça dont on aurait du prendre note depuis plus longtemps .... Yann Barthès a le même nom qu'un footballeur qui avait astucieusement choisi de ne pas courrir autant que ses camarades ! Bref, si comparaison n'est pas raison, il n'y a quand même pas de hasard ... d'autant que là, intellectuellement parlant, c'est la démonstration par l'exemple. Cela étant, on allait voir ce qu'on allait voir ... Barthès allait venir mordre les chevilles de la déclinante Laurence Ferrari et de l'inamovible Pujadas ... Ken et Barbie peuvent dormir tranquilles [mais pas ensemble] : passé l'effet de curiosité et comme Catherine Denevuve ne sera pas là tous les soirs, le soufflet va vite retomber. Parce que bon ... ça fait un mal au c...oeur de voir que la très donneuse de leçons CANAL+, celle qui fait de la télé autrement parait-il a réussi à servir une soupe sans goût, fouillis, superficielle et paresseuse. Le décor n'est abominablement pas travaillé et même nauséeux au point qu'on se demande si tout n'est pas tourné dans les caves de CANAL+ d'où Barthès n'aurait jamais du sortir quand, petit stagiaire, il faisait les revues de presse corporate ou les plannings de "+ CLAIR". Comme rien n'est en direct [contrairement à ce que le complaisant Denisot a tenté de faire accroire], le montage est costaud et on envisage que l'infatué Barthès n'est même pas fichu de tenir seul la barque d'une vingtaine de minutes [qui se prennent aussi une coupure pub cinq minutes après le début ... ça aide], tout impressionné par cette mise en lumière incompréhensible et crâneuse, qui semble un peu l'affoler tant il sait qu'il n'en a pas les épaules. Le ton incisif est comme le téléspectateur, largué et on assiste à une Druckerisation qui n'arrive même pas au niveau du modèle considéré parce que rien n'est travaillé. C'est prétentieux, abscons, vide et on remercie le ciel lorsque Barthès nous libère enfin de ce supplice qui n'aurait jamais du passer le filtre du pilote.

Lorsque Denisot reprend la barre pour nous annoncer la seconde partie de son émission à lui, ce n'est plus de la lassitude qui prend place ... c'est un découragement accablé. Tout cela n'a plus de forme, aucune cohérence, ça sent la querelle d'ego à 300 kilomètres, la présomption pénétrée propre à la chaîne cryptée qui n'a désormais plus rien à envier à TF1 qui avait eu la salutaire idée d'arrêter Ruquier au bout de cinq jours face à un naufrage similaire en 1995.

Tto, qui n'a jamais cru à l'esprit CANAL